Bassin de la Vilaine : le SAGE sur l'eau menacé par la FNSEA
Bassin Vilaine : SAGE menacé par la FNSEA

Il a fallu près de quatre années de travail, de réflexion et de réunions pour aboutir à ce texte. Applaudi par les associations locales, validé par les collectivités impliquées, le nouveau schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin-versant de la Vilaine - le plus grand de France - était ficelé. Il ne manquait plus qu’un vote pour qu’il soit entériné. Mais le texte, pas au goût de la FNSEA, est en sursis.

Les pressions du syndicat agricole majoritaire

Depuis des mois, le syndicat agricole majoritaire use de tout son poids pour faire barrage au SAGE. Avec la ferme volonté d’empêcher que l’usage des pesticides soit interdit dans quelques aires de captage d’eau potable. Des territoires où une poignée de leurs adhérents arrosent leurs champs de maïs d’herbicides pour désherber. Après des mois de pressions et de manifestations, le syndicat a partiellement réussi sa mission. Les préfets de Bretagne et des Pays-de-la-Loire ont réclamé « un temps supplémentaire » pour peaufiner les discussions qui « n’ont pas atteint un degré de maturité suffisant », selon eux.

Un nouveau rassemblement pour l'eau à Rennes

Pour tenter de se faire entendre, tous ceux qui soutiennent ce texte avaient déjà appelé à se réunir en janvier, attirant 3.000 manifestants. Une quarantaine d’associations et la Confédération paysanne le feront de nouveau ce dimanche 7 juin à l’occasion d’un grand rassemblement national pour l’eau prévu à midi à Rennes. Un moyen de contrer le « moratoire » promis par le Premier ministre Sébastien Lecornu et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée par l’Assemblée nationale.

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Le collectif « veut montrer qu’il y a une résistance citoyenne » pour l’eau, « quand des lobbys font pression au niveau national », assure Emmanuelle Dereave, agricultrice bio et membre d’AgroBio35. « C’est absolument scandaleux qu’on continue d’épandre des pesticides là où on prélève l’eau », dénonce Michel Besnard, du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest.

La qualité des eaux très dégradée

Dans les rangs des associations, ils sont nombreux à accuser les préfets de renoncer face aux pressions du lobby agricole productiviste. Le report de la révision du SAGE Vilaine « est une remise en cause de la démocratie locale », estime Michel Demolder, ancien maire communiste de Pont-Réan (Ille-et-Vilaine) et président de la commission locale de l’eau (CLE).

Concrètement, le texte vise à interdire l’usage de pesticides dans certaines zones de captage d’eau potable. Sans doute pas une mauvaise idée quand on connaît l’état désastreux des cours d’eau du bassin de la Vilaine. En Ille-et-Vilaine, seules 3 % des masses d’eau de surface sont jugées comme « en bon état écologique ». « Dans les rivières, il n’y a plus de vie et ça ne cesse de se dégrader », expliquait à 20 Minutes Jérémy Grandière, président de la Fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine.

Les agriculteurs espèrent pouvoir continuer d'utiliser des herbicides pour désherber leurs champs de maïs.

Un symbole des tensions autour de l'eau

L’avenir du bassin-versant de la Vilaine, qui concerne six départements et 1,2 million de personnes, est devenu en quelques mois le symbole des tensions autour de la gestion de la ressource en eau. Localement, de nombreux élus comme la maire de Rennes Nathalie Appéré ou le président de la région Loïg Chesnais-Girard ont rappelé la nécessité d’appliquer le nouveau schéma.

Mais au niveau national, la FNSEA profite du soutien de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Alors qu’une nouvelle réunion de la Commission locale de l’eau est prévue le 25 juin, la ministre évoque un vote « pour la rentrée prochaine, une fois les derniers arbitrages rendus sous l’égide du préfet ». Un vote qui sera particulièrement suivi, et pas seulement dans l’Ouest.

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