Fin de l'évacuation du navire Hondius touché par l'hantavirus aux Canaries
Évacuation du Hondius : fin d'une opération sanitaire complexe

Les 28 dernières personnes qui devaient quitter le MV « Hondius » sont finalement descendues à quai lundi, marquant la fin d'une opération d'évacuation sanitaire complexe face à une épidémie d'hantavirus. Le navire de croisière, contraint de s'amarrer dans le port des Canaries où il était arrivé dimanche, a vu ses occupants débarqués sous haute surveillance.

Une évacuation entravée par les conditions météorologiques

Les opérations d'évacuation, qui avaient débuté dimanche via des navettes maritimes dans le port de Granadilla de Abona sur l'île de Tenerife, ont été rendues impossibles lundi en raison du vent et d'une légère houle. Les autorités régionales des Canaries s'étaient opposées à l'accueil du navire, estimant que l'évacuation aurait dû avoir lieu au Cap-Vert, où la croisière s'était achevée.

En combinaison intégrale de protection sanitaire bleue, les occupants sont descendus sur le quai par une passerelle, avant de monter à bord de bus spécialement affrétés pour les acheminer jusqu'à l'aéroport de Tenerife Sud. Deux avions doivent les emmener aux Pays-Bas.

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Rapatriement des passagers et de l'équipage

L'un des avions transportera 22 passagers, dont 19 membres de l'équipage, tandis qu'un second vol emmènera six autres passagers. Parallèlement, 26 membres de l'équipage resteront à bord du « Hondius » et reprendront la direction des Pays-Bas, emportant le corps d'une Allemande morte à la suite d'une contamination, a précisé sur X la ministre espagnole de la Santé, Mónica García.

Dans la matinée, le bateau avait été ravitaillé en carburant et en nourriture pour poursuivre son périple vers Rotterdam. Au total, 122 personnes auront été évacuées en moins de quarante-huit heures, une opération qualifiée d'« inédite » par Madrid.

Déclarations et bilan sanitaire

« Je ne souhaite rien de plus à chacun, passagers comme membres de l'équipage, que de pouvoir rentrer chez soi sain et sauf et en bonne santé », a déclaré le commandant du « Hondius » dans une vidéo diffusée par son exploitant néerlandais Oceanside Expeditions. Parmi les croisiéristes et membres de l'équipage déjà évacués, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

Face à la presse, Mónica García s'est défendue de tout laxisme dans le dispositif mis en place par les autorités sanitaires.

Bilan sanitaire et surveillance épidémiologique

Trois personnes ayant voyagé à bord du « Hondius » sont mortes : dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et un autre probable ont été signalés. « En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d'incubation, il est possible que nous constations d'autres cas parmi d'anciens passagers et membres de l'équipage dans les semaines à venir », a mis en garde Pamela Rendi-Wagner, directrice d'une agence sanitaire de l'UE.

La variante du virus détectée à bord, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'être humain à être humain. Considérées comme des « contacts à haut risque » par l'OMS, les personnes évacuées feront l'objet d'une surveillance pendant plusieurs semaines. « L'isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission », a expliqué Raúl González Ittig, biologiste pour l'Agence nationale de recherche scientifique de l'Argentine.

Enfin, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez recevra mardi matin à Madrid le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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