Trois départements de l'Ouest maintenus en vigilance rouge crues
Ce dimanche 22 février 2026, la situation hydrologique reste particulièrement préoccupante dans l'Ouest de la France où trois départements demeurent placés en vigilance rouge crues-inondations, le niveau d'alerte maximal. La Charente-Maritime, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire continuent de faire face à des risques majeurs d'inondation tout au long du week-end.
Cinq départements supplémentaires en vigilance orange
Cinq autres départements restent en vigilance orange ce dimanche, contre huit la veille au soir. Il s'agit de la Gironde, du Lot-et-Garonne, de la Charente, de la Vendée et de la Sarthe. En revanche, les départements des Landes, de l'Ille-et-Vilaine et du Morbihan sont repassés en vigilance jaune, signe d'une amélioration locale de la situation.
Pour lundi 23 février, les prévisions maintiennent le même dispositif d'alerte avec trois départements en rouge et cinq en orange, selon les informations diffusées par VigiMétéoFrance sur les réseaux sociaux.
Quatre tronçons fluviaux particulièrement surveillés
Les services de Vigicrues concentrent leur attention sur quatre secteurs particulièrement vulnérables : les basses vallées angevines, la Loire saumuroise, la Loire aval et la Charente aval. Ces zones font l'objet d'une surveillance renforcée en raison de leur exposition aux risques de débordement.
Une amélioration météorologique bienvenue
Selon Météo-France, le soleil devrait dominer sur les deux tiers sud du pays ce dimanche, apportant un répit bienvenu dans les régions touchées par les inondations. Au nord de la Loire, le ciel reste très nuageux à couvert avec de petites pluies attendues en cours d'après-midi sur la Normandie, les Hauts-de-France et le Grand Est.
Des éclaircies se développeront cependant l'après-midi des Pays de la Loire vers le Centre et la Bourgogne-Franche-Comté, offrant un peu de répit aux zones sinistrées qui en ont grand besoin.
Angers atteint son pic de crue historique
À Angers, ville de 160 000 habitants, la situation a atteint un point critique samedi avec un niveau de la Maine culminant à 6,39 mètres, selon les informations communiquées par le maire Christophe Béchu sur les réseaux sociaux. Il s'agit de la crue la plus importante depuis celle de 1995, touchant directement au moins 5 000 personnes.
Le maire a indiqué qu'une légère décrue était désormais observée, mais a tempéré cet optimisme en précisant : « Nous n'avons pas encore de visibilité sur le rythme ni la durée de la décrue ». Il a également rappelé que de nouvelles précipitations sont attendues la semaine prochaine, ce qui pourrait compliquer la situation.
Des conséquences concrètes pour la population
Les impacts de cette crue exceptionnelle sont multiples et significatifs :
- Des rues supplémentaires ont été fermées à la circulation samedi matin
- Deux kilomètres de planches ont été installés pour permettre aux riverains de circuler les pieds au sec
- La circulation des tramways est très perturbée
- Les voies sur berge sont totalement immergées
- Des coupures d'électricité ont été effectuées dans certaines rues
L'économie locale subit également les conséquences de cette situation exceptionnelle. Pour les hôtels du centre-ville d'Angers, « c'est un coup dur » avec l'annulation de plusieurs événements ce week-end et, par ricochet, de nombreuses réservations. La rencontre de Ligue 1 prévue entre Angers et Lille ce dimanche se déroulera d'ailleurs à huis clos.
Saumur face à une crue historique
À Saumur, ville située sur un tronçon de la Loire en vigilance rouge, le fleuve devait atteindre 5,15 mètres dans la soirée de samedi, un niveau jamais observé depuis 1983 selon la municipalité. La lente décrue est désormais annoncée mais les mesures de protection restent en place.
En contrebas du château, face à l'hôtel de ville, plusieurs batardeaux ont été installés et une partie des voies sur berges ont été fermées à la circulation pour assurer la sécurité des habitants.
Évacuations préventives dans le Maine-et-Loire
Plus en aval sur la Loire, les maires de quatre communes – La Possonnière, Saint-Georges-sur-Loire, Saint-Germain-des-Prés et Champtocé-sur-Loire – protégées par une digue, ont pris samedi des arrêtés d'évacuations préventives, comme l'a indiqué la préfecture du Maine-et-Loire. Ces mesures visent à anticiper tout risque de rupture ou de débordement de la digue de protection.
En Loire-Atlantique, de nombreuses routes sont toujours fermées, la circulation des TER est perturbée entre Angers et Nantes, et la navigation reste interdite sur plusieurs tronçons de cours d'eau.
Une décrue lente et des dégâts considérables
À Saintes, de nombreux curieux ont profité samedi du retour du soleil pour s'aventurer sur les 10 kilomètres de madriers installés depuis mardi dans les rues inondées. Ils ont pu constater la montée impressionnante de la Charente, dont la décrue n'est attendue qu'en milieu de semaine selon les autorités locales.
En Gironde aussi, la décrue sera lente. La Garonne, encore étendue sur plusieurs centaines de mètres par endroits, laisse entrevoir à son retrait des paysages dévastés : champs détrempés, serres agricoles éventrées, clôtures affaissées et arbres arrachés.
Des comportements à risques persistent
Dans le sud du département, des automobilistes s'engagent parfois sur des routes fermées pour inondation depuis plus d'une semaine, contournant les panneaux « route barrée ». Ces comportements imprudents mettent en danger les conducteurs eux-mêmes et compliquent le travail des secours.
À La Réole, le fleuve a reculé de près de deux mètres par rapport à son pic mais s'étend encore sur plusieurs centaines de mètres de large et cerne toujours un hameau d'une dizaine de maisons anciennes, illustrant la lenteur du processus de décrue et l'ampleur des dégâts à venir.
Les autorités appellent à la plus grande prudence et recommandent aux populations concernées de rester informées de l'évolution de la situation via les canaux officiels de communication.



