Une tornade de faible intensité mais dévastatrice sur le bassin d'Arcachon
Les premières images étaient sans équivoque, et désormais la confirmation scientifique est tombée. Le violent phénomène climatique qui a frappé la commune de Mios, dans le bassin d'Arcachon, le 31 janvier dernier, ravageant environ 300 maisons, a été officiellement identifié comme une tornade par les experts météorologiques.
Une tornade classée EF1 avec des vents puissants
L'observatoire français des tornades, Keraunos, vient de publier son analyse détaillée de l'événement. Dans son rapport, la société privée précise qu'il s'agit d'une tornade « de faible intensité », classée EF1 sur l'échelle de Fujita améliorée. Cette catégorie représente le deuxième degré de puissance, situé entre l'EF0 (la plus faible) et l'EF5 (la plus destructrice).
Les météorologues estiment que cette classification correspond à environ 25 % des tornades enregistrées en France. La vitesse des vents générés par ce phénomène a été évaluée entre 135 km/h et 175 km/h, suffisante pour causer des dégâts structurels importants aux bâtiments.
Une trajectoire impressionnante de 23 kilomètres
L'analyse de la trajectoire révèle l'ampleur réelle du phénomène. Bien que la tornade se soit véritablement formée au-dessus de Mios, elle a suivi un parcours beaucoup plus long que prévu initialement. Les experts de Keraunos ont tracé sa trace sur 23 kilomètres, démontrant la persistance de ce système tourbillonnaire.
La cartographie précise montre une ligne droite qui :
- Passe par le nord de Salles
- Traverse le sud du Barp
- S'arrête finalement à Saint-Magne
Le couloir de destruction créé par la tornade s'est déployé sur une largeur variable, allant de 250 mètres à 450 mètres, balayant tout sur son passage dans cette zone.
Des vidéos précieuses pour l'analyse scientifique
Le phénomène ayant été filmé par plusieurs habitants de la région, ces enregistrements ont constitué des éléments précieux pour les météorologues. Ils ont permis d'analyser en détail la structure du tuba de la tornade, cette colonne d'air en rotation caractéristique.
Keraunos note dans son rapport : « Le cœur actif du tourbillon présente une faible largeur (quelques dizaines de mètres), tandis que les aspirations périphériques, notamment sur le flanc sud-ouest, sont très importantes. » Cette configuration explique la capacité de la tornade à projeter des débris sur de longues distances.
La genèse météorologique du phénomène
Les experts ont également reconstitué la formation de cette tornade. Tout a commencé avec le développement d'une supercellule orageuse vers 9h15 au large d'Arcachon. Cette cellule convective s'est rapidement intensifiée en traversant le bassin vers 11h30, gagnant en puissance et en organisation.
C'est vers midi que la situation a évolué vers un épisode tornadique. La cellule a quitté le bassin d'Arcachon et est entrée « progressivement dans une phase tornadique », avec un contact au sol estimé entre 12h05 et 12h30. Les caractéristiques supercellulaires ont ensuite régressé graduellement jusqu'à la dissipation complète de la structure convective dans l'agglomération d'Agen vers 14h30.
Cette analyse détaillée de Keraunos permet non seulement de comprendre le phénomène qui a frappé le bassin d'Arcachon, mais aussi d'améliorer les connaissances sur la formation des tornades en France, dans un contexte de changement climatique où ces événements extrêmes pourraient devenir plus fréquents.