Tempête Nils : un coût estimé à un milliard d'euros pour 250 000 sinistres
Tempête Nils : un milliard d'euros de dégâts pour 250 000 sinistres

Tempête Nils : un impact financier colossal pour les assureurs

Le passage dévastateur de la tempête Nils la semaine dernière laisse derrière lui un bilan économique extrêmement lourd. Selon les premières estimations, les dégâts devraient coûter environ un milliard d'euros, pour quelque 250 000 sinistres déclarés. Ces sinistres concernent principalement des chutes d'arbres, des toitures endommagées et des inondations dans de nombreuses régions.

Une mobilisation exceptionnelle des assureurs

Face à l'ampleur des intempéries, les assureurs ont rapidement mis en place des mesures d'urgence. Florence Lustman, présidente de France Assureurs, a annoncé mardi le lancement d'une « mission de reconnaissance commune », un dispositif rare destiné à accélérer les indemnisations dans les zones les plus difficilement accessibles.

Dès vendredi, deux assureurs mutualistes avaient pris les devants. La Macif d'un côté, et le groupe Covéa (Maaf, MMA, GMF) de l'autre, ont annoncé l'extension du délai de déclaration pour leurs assurés, passant de 5 à 30 jours. Cette flexibilité vise à faciliter les démarches pour les sinistrés.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Conseils pratiques en cas d'inondation

Avant même de contacter son assureur, plusieurs réflexes sont essentiels en cas de crue. Il est primordial de s'informer de l'évolution de la situation auprès du service de prévention Vigicrues et de sa mairie. Marie Corbineau, responsable chez L'olivier Assurance, recommande également :

  • Prévoir un kit d'urgence (vêtements, nourriture, lampe de poche, couvertures, chargeurs)
  • Mettre à l'abri ou en hauteur les objets de valeur sentimentale ou financière
  • Protéger les documents importants
  • Éviter absolument d'utiliser son véhicule pendant l'épisode de crue

Une fois en sécurité, chaque assuré doit faire une déclaration de sinistre à son assureur, qui pourra mandater un expert. En attendant son passage, il est conseillé de :

  1. Prendre des photos des dégâts
  2. Dresser une liste détaillée des biens endommagés
  3. Étayer le dossier avec des factures lorsque c'est possible
  4. Ne rien jeter et ne pas engager de travaux de réparation avant l'expertise

Un bilan provisoire déjà très lourd

Concernant spécifiquement les intempéries de la semaine dernière, incluant la tempête Nils, les chiffres commencent à affluer. Le groupe Covéa comptait à lui seul 35 000 sinistres lundi soir, tandis que la Maif en dénombrait environ 20 000 et la Macif 15 000. La grande majorité de ces sinistres concerne l'assurance multirisques habitation (MRH).

Quelle couverture pour les sinistrés ?

Pour les inondations, la couverture est généralement assurée. « Tous les contrats d'assurance de biens (multirisques habitation, multirisques entreprise…) comportent obligatoirement une garantie catastrophes naturelles », précise France Assureurs sur son site internet. Cependant, les assureurs préviennent que les habitations touchées peuvent être inhabitables pendant plusieurs mois, notamment à cause du temps de séchage nécessaire pour les murs.

En revanche, la situation est différente pour les tempêtes comme Nils. « Il est très rare que les tempêtes fassent l'objet d'arrêtés catastrophe naturelle », souligne Marie Corbineau. Les assurés seront alors couverts par leur garantie événements climatiques (tempête, grêle, neige). Cette distinction a des conséquences importantes pour les assureurs, qui ne pourront pas s'appuyer sur le régime « catnat », un partenariat public-privé en vigueur depuis 1982, et devront donc assumer un coût plus élevé.

Des estimations qui pourraient encore augmenter

La tempête Nils représente « un événement de grande ampleur […], parmi les plus importants de ces dernières années », explique Yann Arnaud, directeur réponses besoins sociétaires à la Macif. La Caisse centrale de réassurance (CCR) a dévoilé mardi une première estimation du coût des dégâts des inondations, toujours en cours dans plusieurs départements : 20 à 30 millions d'euros, concentrés pour le moment dans le Sud-Ouest.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Mais le passage de la tempête Nils la semaine dernière devrait coûter bien plus cher : environ un milliard d'euros, pour quelque 250 000 sinistres. « C'est un événement qui n'est pas terminé », prévient Yann Arnaud, qui craint beaucoup « la reprise de la pluie » sur des sols déjà gorgés d'eau.

Des conséquences à moyen terme préoccupantes

À plus long terme, les épisodes de fortes pluies comme celui-ci ont des effets durables sur les sols. Les sols se gonflent aujourd'hui sous l'effet des précipitations, puis se détendront lors de la prochaine sécheresse, causant des dégâts importants sur les habitations. Ces phénomènes de retrait-gonflement des argiles (RGA) représentent un risque croissant.

L'État a d'ailleurs actualisé ce mois-ci la carte des zones exposées à ce phénomène : elles représenteront le 1er juillet 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % actuellement. Une évolution qui préoccupe les assureurs, qui devront assumer ces risques supplémentaires dans les années à venir.