Tempête Nils : des centaines de macareux morts échoués sur les plages des Landes
Tempête Nils : hécatombe de macareux sur les plages des Landes

Tempête Nils : une hécatombe de macareux moines sur le littoral des Landes

Sur la plage sud de Mimizan, dans les Landes, le 15 février 2026, le vent balaye violemment les vagues qui s'écrasent contre le sable, soulevant des nuages de poussière. La pluie tombe dru sur ce littoral déserté par les promeneurs, laissant place à un spectacle désolant au lendemain du passage de la tempête Nils.

Des taches sombres révélatrices

Le regard des rares personnes qui bravent ces conditions météorologiques est invariablement attiré par de curieuses petites taches sombres, régulièrement espacées le long du rivage. De loin, on pourrait les confondre avec des amas d'algues déposés par la marée. Mais en s'approchant, la réalité apparaît dans toute sa tristesse : il s'agit d'oiseaux marins, plus précisément de macareux moines.

Leur plumage caractéristique noir et blanc, leurs pattes palmées et leur bec coloré ne laissent aucun doute sur leur identité. Sur seulement 3 kilomètres de cette plage de Mimizan, ce dimanche 15 février, plus d'une centaine de ces oiseaux ont été retrouvés échoués, déjà morts ou trop affaiblis pour pouvoir reprendre leur vol.

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Une hécatombe sans précédent depuis 2014

« Alors imaginez l'ampleur du désastre sur tout le littoral atlantique ! Ils sont des milliers à avoir perdu la vie ces derniers jours. On n'avait pas vu une telle hécatombe depuis 2014 », déplore Gabriel Jegou, soigneur et chargé de communication de l'association Paloume.

Le centre de soins pour la faune sauvage de l'association, situé à Pouydesseaux près de Mont-de-Marsan dans les Landes, est actuellement pris d'assaut par l'afflux d'oiseaux en détresse. En seulement soixante-douze heures, plus de 200 oiseaux ont été confiés aux soins des bénévoles.

« Et sur ces 200, on compte 190 macareux », précise Gabriel Jegou, ajoutant que seulement 110 d'entre eux étaient encore en vie ce dimanche. La situation est particulièrement préoccupante pour cette espèce protégée, dont la population est déjà fragile sur les côtes françaises.

Les causes de cette mortalité massive

Les experts pointent du doigt la violence exceptionnelle de la tempête Nils, qui a frappé de plein fouet le littoral atlantique. Les vents violents et les vagues déchaînées ont épuisé les oiseaux, les empêchant de se nourrir correctement et les poussant vers les côtes où ils se sont échoués.

Les macareux moines, qui passent la majeure partie de leur vie en mer, sont particulièrement vulnérables aux conditions météorologiques extrêmes. Leur physiologie adaptée à la vie océanique les rend moins résistants aux tempêtes prolongées qui les privent de leurs zones de pêche habituelles.

Les bénévoles de l'association Paloume travaillent sans relâche pour sauver les oiseaux encore vivants, mais reconnaissent que beaucoup sont dans un état trop critique pour être sauvés. Cette catastrophe écologique rappelle la fragilité des écosystèmes marins face aux événements climatiques extrêmes.

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