Tempête Nils : le massif forestier de Lot-et-Garonne évalue ses dégâts
Tempête Nils : dégâts forestiers en Lot-et-Garonne

Tempête Nils : un bilan en cours dans les forêts de Lot-et-Garonne

Les bois du massif forestier de Lot-et-Garonne ont été sévèrement fragilisés par le passage de la tempête Nils les 11 et 12 février. Depuis Houeillès jusqu'à Casteljaloux, les équipes techniques évaluent lentement l'étendue des destructions, qui semblent toutefois moindres que lors des tempêtes historiques Klaus en 2009 et Martin en 1999.

Des vents violents rappelant Klaus

Les pointes de vent ont atteint jusqu'à 135 km/h lors de l'événement météorologique. De mémoire de techniciens forestiers, on n'avait pas observé de telles forces éoliennes depuis la tempête Klaus en 2009, selon les déclarations des experts d'Alliance Bois Forêt.

Une semaine après le passage ravageur de Nils, les équipes de la coopérative forestière sont quotidiennement mobilisées pour mesurer les conséquences des intempéries sur les 55 000 hectares qu'elle gère au cœur des 110 000 hectares du massif forestier des Landes de Gascogne.

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Un couloir de destruction bien identifié

« De 22 heures à 5 heures du matin, dans la nuit du 11 au 12 février, cela a soufflé sur tout un couloir qui s'étend de Captieux (33) à Houeillès », explique Antoine Hubert, directeur des opérations de la coopérative Alliance Forêt Bois. « Majoritairement, les parcelles à l'Ouest et au Sud-Ouest sont les plus impactées. Les forces de vent enregistrées, ajoutées aux sols détrempés, ont endommagé 5% des arbres du massif, des pins maritimes surtout ».

Sur cette partie du massif aquitain, où 90% de la forêt est privée, les dégâts présentent une grande disparité. « Certaines parcelles ont été touchées à 60%, mais beaucoup de propriétés sont encore inaccessibles car des arbres sont tombés en travers des chemins », poursuit le responsable technique.

Deux types de dommages distincts

Les experts forestiers ont observé deux types principaux de dégâts sur le secteur :

  • Les chablis : des arbres couchés par le vent mais qui ne sont pas nécessairement cassés
  • Les volis : des arbres dont le système racinaire a tenu mais dont le tronc s'est brisé

Le bois résineux endommagé sera valorisé pour des produits de menuiserie ou pour l'industrie de l'emballage, bien que sur certaines parcelles particulièrement touchées, le coût des opérations d'enlèvement pourrait ne pas être compensé par la valeur du bois récolté.

Une situation contrastée selon les zones

Raymond Girardi, président de la Communauté de communes des Coteaux et des Landes de Gascogne, souligne la différence avec les tempêtes précédentes : « Lors de Klaus et Martin, pas une parcelle n'avait été épargnée. Cette fois, les dommages sont moindres et dus à des tourbillons ».

Yves Bertrand, vice-président du Syndicat des sylviculteurs de Lot-et-Garonne et lui-même producteur de pins, confirme cette analyse : « La chute des arbres était plus homogène en 2009 ». Des statistiques plus détaillées sur la partie lot-et-garonnaise du massif, qui représente 20% de la superficie totale, seront disponibles dans une quinzaine de jours.

Interventions compliquées par les sols détrempés

Actuellement, les sols de certaines zones, notamment autour de Houeillès et Boussès, sont trop saturés en eau pour permettre des interventions techniques. Plusieurs pins restent couchés au milieu de la boue, témoins silencieux de la violence des intempéries.

Maxime Bourroussou, chauffeur d'une des 27 récolteuses de la coopérative, travaille quant à lui sur les volis, plus au nord à la lisière de Casteljaloux, sur un sol plus favorable de lande sèche. Son objectif : sauver une trentaine de pins maritimes avant le printemps pour limiter les risques de propagation des scolytes, ces insectes ravageurs qui profitent souvent des arbres affaiblis.

Accès interdit et conséquences collatérales

Le préfet a pris un arrêté samedi dernier interdisant l'accès à la forêt des Landes de Gascogne, aussi bien en véhicule motorisé qu'à pied, jusqu'au 23 février. Cette mesure de sécurité explique pourquoi personne, hormis les techniciens, n'arpente actuellement ces bois.

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Une fois l'interdiction levée, certains chasseurs risquent de découvrir avec amertume que plusieurs palombières ont subi les foudres de Nils, selon les observations d'Antoine Hubert et Yves Bertrand.

Au-delà du massif forestier

La situation préoccupe également en dehors du massif des Landes de Gascogne. Selon Yves Bertrand, « la situation des peupliers est grave », d'autant que les parcelles, toujours sous l'eau dans la vallée de Garonne, restent inaccessibles pour les producteurs. La décrue permettra d'obtenir des premières estimations dans les jours à venir.

Dans la forêt communale du Mas-d'Agenais, le maire Claude Lagarde décrit une situation « assez dramatique, avec énormément de grands chênes qui jonchent le sol ». Une centaine d'arbres sont tombés au passage de la tempête, créant un défi supplémentaire pour les services forestiers alors que le sol détrempé rend la zone impraticable.