Tempête Myriam : le Sud-Ouest sous le choc des vents violents en mars 2020
Le 3 mars 2020 restera une date marquante pour le grand Sud-Ouest de la France. Une dépression intense, rapidement baptisée tempête Myriam, a balayé la région avec une violence exceptionnelle, générant des rafales de vent dépassant localement les 140 km/h. Les conséquences ont été immédiates et sévères : des milliers de foyers privés d'électricité, un trafic ferroviaire largement perturbé et de nombreux dégâts matériels.
Une alerte orange étendue et des records de vent
Dès le matin du 3 mars, Météo France avait placé six départements en alerte orange pour vents violents : les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, l'Ariège, la Haute-Garonne, le Gers et les Hautes-Pyrénées. Si l'alerte a été levée dans certains secteurs en fin d'après-midi, elle est restée en vigueur pour l'Ariège, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, témoignant de la persistance du phénomène.
Les prévisionnistes ne s'étaient pas trompés. Les anémomètres ont enregistré des valeurs remarquables, parfois historiques :
- 129 km/h à Biarritz, soit la troisième plus forte rafale mesurée sur cette station depuis 1981.
- Un pic à 143 km/h à Messanges dans les Landes.
- 134 km/h à Saint-Jean-de-Luz et 127 km/h à Pau, établissant un nouveau record mensuel pour la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
La tempête, bien que de courte durée et d'extension géographique limitée, a occasionné des dégâts significatifs avant de circuler rapidement vers le golfe du Lion.
Des conséquences opérationnelles et humaines majeures
Les services de secours ont été immédiatement surchargés. Dans les Pyrénées-Atlantiques, les pompiers ont enregistré pas moins de 2000 appels, donnant lieu à 480 interventions et mobilisant 170 sapeurs exclusivement sur des missions liées à Myriam. Les chutes d'arbres ont été nombreuses, bloquant des routes et causant des dégâts, comme à Pau où un arbre a fracassé la vitrine d'un magasin.
Le réseau électrique a été durement touché. En fin de journée, 35 000 foyers étaient privés d'électricité dans les Pyrénées-Atlantiques, 12 000 dans les Landes et 13 000 dans les Hautes-Pyrénées. Les équipes d'Enedis, pré-mobilisées, ont dû travailler sans relâche pour rétablir le courant.
Perturbations des transports et fermetures préventives
Les transports n'ont pas été épargnés. La SNCF a dû interrompre la circulation des TER entre Dax et Hendaye jusqu'à au moins 21 heures, avec des arbres signalés sur les voies. Des bus de remplacement ont été mis en place pour assurer une continuité de service minimale.
En montagne, les forts vents ont contraint à la fermeture des stations de ski du Béarn, dont Gourette, Artouste et La Pierre-Saint-Martin, par mesure de sécurité. Ces domaines skiables n'ont rouvert que le mercredi matin suivant. Le phénomène a également été accompagné de fortes vagues sur le littoral basque et landais, placé en vigilance jaune pour le paramètre « vagues-submersion ».
Cet épisode météorologique intense, survenu en début d'année 2020, rappelle la vulnérabilité des territoires face aux éléments déchaînés et l'importance cruciale des systèmes d'alerte et de la préparation des services de secours.



