Une catastrophe naturelle aux conséquences dramatiques à Sénestis
À Sénestis, un village situé entre Marmande et Tonneins dans le Lot-et-Garonne, le paysage est celui d'une désolation absolue après la rupture de la digue sur plus de 140 mètres. Les inondations ont labouré la terre en profondeur, creusant des cratères encore remplis d'eau et emportant des milliers de mètres carrés de serres agricoles. Il ne reste qu'un enchevêtrement spectaculaire de ferraille, de plastique et de bâches, tandis que les arbres et toute végétation ont disparu. Les sols sont recouverts d'une épaisse couche de limon mêlée à une quantité astronomique de sable.
Une double urgence : sécuriser le gaz et sauver l'agriculture
Face à cette situation, les autorités font face à une double urgence. D'une part, la conduite de gaz haute pression, qui apparaît à l'air libre en plusieurs endroits, doit être sécurisée pour éviter une rupture potentiellement dangereuse. L'entreprise Térega a mobilisé d'importants moyens civils et militaires pour cette tâche critique. D'autre part, l'exploitation agricole de Sonia Quendolo, dévastée par les flots, nécessite un déblaiement massif pour permettre à l'agricultrice de reprendre ses activités.
Le maire de Sénestis, Jacques Pin, décrit la scène avec émotion : « Franchement, quand je vois ça, je n'ai pas de mot, ce n'est plus la peine de parler ». Il souligne que ce secteur est le plus touché du département, qualifiant la situation de « hautement sensible ».
Un chantier colossal mobilisant pompiers et militaires
Le chantier de déblaiement et de sécurisation est d'une ampleur exceptionnelle. Des militaires du 17e régiment de parachutistes de Montauban et des pompiers de plusieurs départements, commandés par le capitaine Sami El Idrissi, sont sur le terrain. Ils travaillent souvent à genoux dans la boue pour déterrer les débris et aider Sonia Quendolo. « C'est un travail de fourmis », explique le capitaine, notant que chaque centimètre est impacté par la catastrophe.
Pour accéder aux zones sinistrées, l'entreprise Eurovia construit deux routes carrossables, l'une vers la conduite de gaz et l'autre vers l'exploitation agricole, encore isolée depuis les inondations. Des pompes aspirent l'eau de la Garonne pour maintenir le niveau dans les cratères et éviter que la conduite de gaz ne se retrouve en suspension dans le vide.
Le défi de la reconstruction et le moral des sinistrés
Malgré la perte d'une grande partie de sa production de fraises, Sonia Quendolo tient le choc, soutenue par les secours. « Toute seule, sans les pompiers, les militaires, les bénévoles, je ne pourrais pas m'en sortir. Ils m'aident beaucoup, moralement », confie-t-elle. Elle avait déjà subi une rupture de digue en 2021, ajoutant à l'incertitude face à l'avenir.
Les travaux devraient durer plusieurs mois, incluant le comblement des cratères et la reconstruction de la digue en collaboration avec Val de Garonne Agglomération. Ce désastre naturel rappelle la vulnérabilité des zones rurales face aux événements climatiques extrêmes et l'importance d'une réponse coordonnée des services d'urgence.



