Colombie : le séisme dans le Chocó aggrave une crise permanente
Séisme dans le Chocó : une crise permanente aggravée

Un séisme de magnitude 6,1 a frappé le département du Chocó, dans l'ouest de la Colombie, faisant au moins dix morts et des dégâts matériels importants. Cette région, déjà confrontée à une pauvreté endémique et à la violence des groupes armés, voit sa situation humanitaire se dégrader davantage. Selon l'Unité nationale pour la gestion des risques (UNGRD), les secours sont à l'œuvre pour évaluer l'ampleur des destructions et porter assistance aux sinistrés.

Un séisme dans une région déjà fragilisée

Le tremblement de terre, dont l'épicentre a été localisé près de la municipalité de Sipí, a provoqué l'effondrement de nombreuses habitations, souvent construites en matériaux précaires. Les autorités locales ont fait état de victimes dans plusieurs villages isolés, difficilement accessibles par voie terrestre. Les équipes de secours, déployées par hélicoptère, tentent d'atteindre les zones les plus touchées.

Le Chocó est l'un des départements les plus pauvres de Colombie, avec un indice de pauvreté multidimensionnelle dépassant 60 % de la population. La région, bordée par le Pacifique, est également un foyer de conflit armé, où s'affrontent guérillas, paramilitaires et narcotrafiquants. La violence chronique a déjà déplacé des milliers de personnes et entravé l'accès aux services de base.

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Une crise humanitaire préexistante aggravée

Avant même le séisme, le Chocó était en proie à une crise humanitaire permanente. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), plus de 200 000 personnes avaient besoin d'aide humanitaire dans la région en 2025. Les communautés afro-colombiennes et indigènes, majoritaires dans le département, subissent les conséquences de la pauvreté, de la malnutrition et du manque d'accès à l'eau potable et aux soins de santé.

Le président colombien, Gustavo Petro, a déclaré l'état d'urgence dans les zones sinistrées et a promis l'envoi de ressources supplémentaires. « Nous allons déployer tous les moyens nécessaires pour répondre à cette tragédie », a-t-il affirmé lors d'une allocution télévisée. Les autorités locales, quant à elles, appellent à une solidarité nationale et internationale pour faire face à l'ampleur des besoins.

Des défis logistiques et sécuritaires pour les secours

Les opérations de secours sont entravées par le relief accidenté et l'insécurité. Les groupes armés contrôlent certaines zones, rendant l'accès difficile pour les humanitaires. Des organisations non gouvernementales locales ont signalé que des routes étaient bloquées par des glissements de terrain, isolant des communautés entières. Les autorités sanitaires craignent une recrudescence des maladies liées à l'eau, compte tenu des dégâts sur les réseaux d'adduction.

Dans les jours à venir, l'UNGRD prévoit de réaliser une évaluation complète des dégâts afin d'orienter l'aide. Des abris temporaires sont en cours d'installation pour les familles sinistrées. La priorité est de rétablir les communications et l'approvisionnement en nourriture et en médicaments dans les zones les plus reculées.

Ce séisme rappelle la vulnérabilité sismique de la Colombie, située sur la ceinture de feu du Pacifique. En 1999, un tremblement de terre à Armenia, dans le centre du pays, avait fait près de 1 200 morts. Pour le Chocó, cette catastrophe naturelle s'ajoute à une longue liste de défis, et les habitants redoutent que la réponse de l'État ne soit une nouvelle fois insuffisante, comme ce fut le cas lors des inondations de 2022.

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