Érosion marine en Charente-Maritime : 900 mètres d'arbres abattus pour sécuriser le littoral
Érosion marine : 900 m d'arbres abattus pour sécuriser le littoral

Érosion marine en Charente-Maritime : une opération de sécurisation massive sur le littoral

Sur le littoral royannais, l'érosion marine ne cesse de s'accélérer, forçant les autorités à prendre des mesures drastiques. Dans un secteur particulièrement vulnérable, une bande de 900 mètres de long et 20 mètres de profondeur fait l'objet d'une coupe préventive d'arbres. Cette initiative, menée par le Conservatoire du littoral avec l'appui technique de l'Office national des forêts (ONF), vise à éviter que les arbres, menacés de chute, ne blessent les promeneurs ou ne perturbent la navigation maritime.

Des tempêtes hivernales qui exacerbent la fragilité côtière

Les récentes tempêtes hivernales, combinées à de forts coefficients de marée, ont une nouvelle fois mis à rude épreuve le littoral de la Charente-Maritime. Des zones déjà fragilisées, comme La Tremblade à la plage de l'Embellie, ou la Grande Côte à Saint-Palais-sur-Mer, subissent des reculs significatifs du trait de côte. Au bout du chemin blanc, reliant le parking des Combots d'Ansoine à la plage, la situation est critique : une partie de la piste cyclable de la Vélodyssée s'est affaissée lors du week-end des 10 et 11 février 2024, nécessitant la mise en place d'une déviation.

Samuel Gendrillon, technicien forestier territorial à l'ONF, supervise ces travaux. Il explique : « L'objectif est de protéger les promeneurs qui, en cas de beau temps, n'hésitent pas à se balader sur la plage. On empêche aussi que les troncs soient emportés par la mer, ce qui représenterait un risque pour les bateaux dans l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, très fréquentée. Enfin, cette coupe évite que des souches ne se retrouvent dans des parcs ostréicoles plus loin, portées par les courants. »

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Une biodiversité en transformation et des leçons du passé

Les arbres abattus sont principalement des pins maritimes, environ une centaine, accompagnés de chênes verts en sous-étage. Ils sont valorisés sous forme de plaquettes pour le bois-énergie, alimentant ainsi les réseaux de chaleur. Bien que l'impact visuel soit notable, cette opération pourrait favoriser l'émergence de nouvelles espèces florales adaptées au milieu dunaire, comme l'oyat ou la giroflée des dunes.

Isabelle Prud'homme, maire adjointe de Saint-Palais-sur-Mer, souligne les enseignements tirés des précédentes interventions : « Il y a quelques années, on avait coupé les arbres à un mètre du sol pour fixer le sable, mais la mer est passée sous les racines et a tout emporté. Aujourd'hui, on adopte une autre stratégie. » L'érosion s'est accélérée dans le secteur des Combots, où le trait de côte a pu reculer de six à dix mètres entre deux marées, un rythme alarmant qui ne montre aucun signe de ralentissement.

Cette situation rappelle l'urgence d'adapter les aménagements côtiers face aux aléas climatiques, tandis que la nature reprend ses droits sur un littoral en constante évolution.

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