Cyclone Gezani à Madagascar : Toamasina dévastée, appel à l'aide international
Madagascar : cyclone Gezani dévaste Toamasina, appel à l'aide

Cyclone Gezani : une catastrophe majeure frappe Madagascar

« Ce qui s’est passé est une catastrophe absolue. Près de 75 % de la ville de Toamasina a été entièrement détruite », a déclaré avec émotion le colonel Michaël Randrianirina devant les caméras. Les autorités malgaches ont annoncé mercredi un bilan provisoire en nette augmentation : au moins 31 personnes ont perdu la vie lors du passage dévastateur du cyclone Gezani, qui a frappé de plein fouet mardi soir la deuxième ville du pays.

Toamasina, une ville portuaire ravagée

Des rafales de vent atteignant les 250 km/h ont littéralement ravagé ce port stratégique de près de 400 000 habitants. Selon le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC), on dénombre également 4 personnes portées disparues et 36 blessés graves dans un bilan encore provisoire qui pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

Des vidéos partagées par la présidence malgache montrent le colonel Randrianirina pataugeant dans les rues inondées de la cité portuaire. Il s’était rendu préventivement à Toamasina pour témoigner son soutien à la population, seulement quatre mois après la prise de pouvoir des militaires dans le pays.

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Une ville verdoyante transformée en champ de ruines

Sur les images diffusées, cette ville autrefois verdoyante, également connue sous son ancien nom colonial de Tamatave, apparaît profondément défigurée. Les rues sont jonchées de centaines d’arbres arrachés par la violence des vents cycloniques. Les autorités estiment à plus de 250 000 le nombre de sinistrés directement affectés par cette catastrophe naturelle.

Une vidéo aérienne partagée par le BNGRC révèle l’étendue des dégâts : des toits de tôle éventrés à perte de vue et les majestueux palmiers de l’avenue de l’Indépendance renversés comme de simples allumettes. Ces images inquiétantes font craindre un bilan humain particulièrement lourd sur cette île où, selon des statistiques officielles de 2021, la grande majorité des habitations (71,9 %) sont constituées de structures précaires.

« Le chaos total » selon les humanitaires sur place

« C’est le chaos total, 90 % des toits des maisons se sont envolés, totalement ou partiellement », décrit avec gravité Rija Randrianarisoa, responsable régional de l’ONG Action contre la Faim. « Les routes sont devenues totalement inaccessibles, obstruées par les arbres abattus et les tôles arrachées. Les véhicules ne peuvent tout simplement plus circuler. »

Le Centre météorologique régional spécialisé cyclones (CMRS) de l’île française de La Réunion a qualifié cet événement dans son bulletin de « l’un des impacts directs les plus intenses de l’ère satellitaire sur le secteur de Tamatave », le comparant probablement au cyclone Geralda de février 1994 qui avait fait au moins 200 morts et 500 000 sinistrés.

Les liaisons aériennes partiellement suspendues

Si les liaisons commerciales avec l’aéroport de Toamasina sont temporairement suspendues, sa direction a précisé que les vols humanitaires et militaires restaient autorisés. Les autorités ont annoncé le déploiement de quinze membres de la protection civile des armées pour participer aux opérations de sauvetage et de secours d’urgence.

Un appel urgent à la solidarité internationale

Désigné président de la Refondation du pays après la chute de l’ex-président Andry Rajoelina en octobre dernier, Michaël Randrianirina a lancé mercredi un appel pressant à l’aide internationale : « Je lance un appel solennel à l’aide auprès de nos partenaires et bailleurs de fonds internationaux. La situation actuelle dépasse malheureusement les capacités de réponse de Madagascar à elle seule. »

Une dépression qui continue sa trajectoire dangereuse

La dépression s’est certes affaiblie en touchant terre mais continue de traverser l’île de Madagascar d’est en ouest. Même rétrogradée au stade de tempête tropicale, elle engendre toujours des risques majeurs d’inondations et de glissements de terrain.

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Depuis le cyclone Geralda en 1994, Madagascar avait déjà subi les assauts meurtriers de Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60 000 sans-abri) et de Gafilo en 2004 (241 morts, plus de 300 000 sinistrés). Selon les dernières prévisions du CMRS, Gezani devrait regagner en intensité en rejoignant le canal du Mozambique et retrouver alors le stade de cyclone tropical. Il pourrait frapper à partir de vendredi soir le sud de ce pays d’Afrique australe déjà durement éprouvé par d’impressionnantes inondations depuis le début de l’année 2024.