Décrue progressive après les inondations exceptionnelles dans l'Ouest
Les cours d'eau de l'Ouest et du Sud-Ouest de la France ont enfin commencé leur lente décrue après plus d'une semaine de crues exceptionnelles qui ont frappé la façade occidentale du pays. Ce lundi matin marque une rentrée scolaire presque normale pour les écoliers de la Zone A qui reprennent le chemin de l'école après les vacances d'hiver, malgré un contexte hydrologique encore tendu.
Vigilances météorologiques maintenues
Trois départements restent placés en vigilance rouge ce lundi 23 février 2026 : la Loire-Atlantique, la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire. Trois autres départements – la Sarthe, la Vendée et la Charente – sont maintenus en vigilance orange par Météo-France. En revanche, la Gironde et le Lot-et-Garonne sont repassés en vigilance jaune, signe d'une amélioration progressive de la situation.
Pour mardi 24 février, les prévisions maintiennent trois départements en vigilance rouge et trois en vigilance orange, indiquant que la vigilance reste de mise malgré la décrue amorcée.
La décrue s'installe lentement dans les zones critiques
Dans le Maine-et-Loire, la préfecture a confirmé dimanche que « la décrue débute lentement ». À Angers, où la Maine avait atteint le niveau impressionnant de 6,39 mètres durant le week-end en raison de la concomitance de crues sur plusieurs cours d'eau en amont, l'eau a redescendu de quelques centimètres dimanche. Selon les prévisions de Vigicrues, cette tendance à la baisse devrait se poursuivre lentement dans les jours à venir.
En aval, la Loire reste en vigilance rouge des alentours de Saumur jusqu'à Ancenis. À Saumur même, la décrue a débuté dimanche mais « restera relativement lente » selon les autorités.
Une rentrée scolaire quasi normale malgré le contexte
En Nouvelle-Aquitaine, où trois départements ont subi les crues successives de la Garonne puis de la Charente durant les vacances scolaires d'hiver, les cours d'eau sont désormais en « décrue généralisée » ou à un niveau « stabilisé » selon l'institut prévisionnel. Les autorités académiques prévoient ainsi une rentrée « quasi normale » et « dans les meilleures conditions » pour ce lundi.
À Saintes, où la Charente s'est approchée de son record historique de 1982, trois écoles dont les accès étaient détrempés ont été transférées dans des établissements voisins. Les enfants seront accueillis toute la semaine dans des classes annexes, avec leurs équipes pédagogiques habituelles et « sans surnombre », comme l'assure Véronique Cambon, adjointe au maire chargée des affaires scolaires.
« L'important, avec cette période de stress, c'est de rassurer les élèves en gardant leurs repères et leurs enseignants habituels. La distance en plus demande un effort d'adaptation aux familles, mais surmontable et totalement transitoire », explique-t-elle.
Solutions innovantes pour le ramassage scolaire
À Courcoury, une commune charentaise cernée par les eaux, la gendarmerie a déployé trois véhicules 4x4 habituellement dédiés au transport de troupes pour participer au ramassage scolaire toute la semaine. Ces véhicules acheminent les collégiens et lycéens hors des routes inondées vers leurs bus habituels.
« Ça les fait partir une demi-heure plus tôt que d'habitude mais les 4x4 de la gendarmerie nous simplifient la vie et c'est tout de même beaucoup mieux au niveau sécuritaire », se félicite le maire Éric Bigot.
Situation variable selon les départements
En Gironde, où la Garonne est redescendue en vigilance jaune dimanche soir, la situation s'est nettement améliorée. « On aura zéro école les pieds dans l'eau, et les petits dégâts de la tempête ont été réparés. Tout sera opérationnel lundi », affirmait durant le week-end Camille Da Silva, directrice de cabinet de l'Académie de Gironde.
À Sainte-Croix-du-Mont, dans le sud du département, le réseau d'eau potable est en réparation après avoir été « fortement perturbé » par les crues. La mairie a entreposé deux palettes de bouteilles d'eau dans l'école du village et coupé les robinets en attendant le rétablissement complet du service.
« On voit la petite lumière au loin parce qu'il y a une décrue importante. Tout va rentrer dans l'ordre niveau circulation. Maintenant l'heure est au nettoyage et à la collecte des déchets », explique le maire Michel Latapy.
En Lot-et-Garonne, seules deux écoles inondées durant les vacances seront transférées dans les communes voisines, sans fermeture d'établissement, ont indiqué le rectorat et l'Académie.
Contexte climatique inquiétant
Selon les scientifiques du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison du changement climatique, ce qui augmentera la fréquence et l'intensité des inondations au niveau local. L'imperméabilisation des sols et la suppression des haies, fossés et zones humides au profit des grandes cultures agricoles peuvent en outre aggraver les conséquences de ces événements météorologiques extrêmes.
Malgré cette perspective inquiétante, les autorités et les communautés locales démontrent une capacité d'adaptation remarquable pour assurer la continuité des services essentiels, notamment scolaires, dans des conditions difficiles.



