Décrue progressive après les inondations exceptionnelles dans l'Ouest
Les cours d'eau de la façade ouest du pays, en situation de crues exceptionnelles depuis plus d'une semaine, ont entamé une lente décrue durant le week-end. Cette amélioration permet aux écoliers de la zone A d'envisager une rentrée scolaire quasi « normale » après les vacances d'hiver, malgré des conditions encore difficiles dans certains secteurs.
Trois départements maintenus en vigilance rouge
Ce lundi 23 février, la Loire-Atlantique, la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire restent placés en vigilance rouge par Météo-France. Trois autres départements de l'Ouest – la Sarthe, la Vendée et la Charente – sont maintenus en vigilance orange. Dans le Maine-et-Loire, la préfecture a confirmé dimanche que « la décrue débute lentement ».
À Angers, la concomitance de crues sur plusieurs cours d'eau en amont a fait monter la Maine jusqu'à 6,39 mètres durant le week-end. L'eau a redescendu de quelques centimètres dimanche et devrait continuer à refluer lentement dans les jours suivants selon les prévisions de Vigicrues. En aval, la Loire est également en vigilance rouge des alentours de Saumur jusqu'à Ancenis. Vers Saumur, la décrue a débuté dimanche « mais restera relativement lente ».
Rentrée scolaire organisée malgré les difficultés
En Nouvelle-Aquitaine, où trois départements ont subi les crues successives de la Garonne puis de la Charente durant les vacances scolaires, les cours d'eau sont en « décrue généralisée » ou à un niveau « stabilisé ». Les autorités prévoient ainsi une rentrée scolaire quasi « normale » et « dans les meilleures conditions » pour la zone A.
À Saintes, où la Charente s'est approchée de son record de 1982, trois écoles aux accès détrempés ont été transférées dans des établissements voisins. Les enfants seront placés toute la semaine dans des classes annexes avec leurs équipes pédagogiques habituelles, « sans surnombre », assure Véronique Cambon, adjointe au maire chargée des affaires scolaires.
« L'important, avec cette période de stress, c'est de rassurer les élèves en gardant leurs repères et leurs enseignants habituels. La distance en plus demande un effort d'adaptation aux familles, mais surmontable et totalement transitoire », précise l'élue.
Adaptations logistiques pour assurer la sécurité
À Courcoury, commune charentaise cernée par les eaux, trois 4×4 de la gendarmerie, habituellement réservés au transport de troupes, vont participer au ramassage scolaire toute la semaine. Ces véhicules achemineront les collégiens et lycéens hors des routes inondées vers leurs bus habituels.
« Ça les fait partir une demi-heure plus tôt que d'habitude, mais les 4×4 de la gendarmerie nous simplifient la vie et c'est tout de même beaucoup mieux au niveau sécuritaire », se félicite le maire Eric Bigot.
En Gironde, où la Garonne est redescendue en vigilance jaune dimanche soir, « on aura zéro école les pieds dans l'eau, et les petits dégâts de la tempête [Pedro] ont été réparés. Tout sera opérationnel lundi », déclare Camille Da Silva, directrice de cabinet de l'académie de Gironde.
Réparations et nettoyage en cours
À Sainte-Croix-du-Mont, dans le sud de la Gironde, le réseau d'eau potable est en réparation après avoir été « fortement perturbé » par les crues. La mairie a entreposé deux palettes de bouteilles d'eau dans l'école du village et coupé les robinets.
« On voit la petite lumière au loin parce qu'il y a une décrue importante. Tout va rentrer dans l'ordre niveau circulation. Maintenant l'heure est au nettoyage et à la collecte des déchets », explique à l'Agence France-Presse son maire, Michel Latapy.
En Lot-et-Garonne, seules deux écoles inondées durant les vacances seront transférées dans les communes voisines, sans fermeture, selon le rectorat et l'académie.
Contexte climatique inquiétant
Selon les scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l'évolution du climat, ce qui augmentera les inondations au niveau local. L'imperméabilisation des sols et la suppression des haies, fossés et zones humides pour privilégier les grandes cultures agricoles peuvent, en outre, aggraver leurs conséquences.
Cette situation météorologique exceptionnelle rappelle la vulnérabilité des territoires face aux événements climatiques extrêmes, alors que les experts alertent sur l'intensification de ces phénomènes dans les années à venir.



