Inondations dans l'Ouest : quatre départements en vigilance rouge, 20 000 foyers sans électricité
Inondations Ouest : 4 départements en vigilance rouge

Quatre départements en alerte maximale face aux inondations exceptionnelles

La situation hydrologique dans l'ouest de la France continue de se dégrader ce mardi 17 février 2026, avec désormais quatre départements placés en vigilance rouge crues, le niveau d'alerte maximal. La Charente-Maritime a rejoint dans la journée le Maine-et-Loire, la Gironde et le Lot-et-Garonne, tous confrontés à des inondations exceptionnelles qui s'aggravent heure après heure.

Une crise humanitaire et énergétique majeure

Les conséquences de ces intempéries historiques sont déjà considérables. Selon le gestionnaire du réseau électrique Enedis, près de 20 000 foyers étaient toujours privés d'électricité en fin d'après-midi mardi, avec des situations particulièrement critiques en Gironde (5 000 foyers), dans les Landes (5 000), en Lot-et-Garonne (3 000) et dans les Pyrénées-Atlantiques (2 000).

Les infrastructures de transport sont également fortement perturbées. Plusieurs routes départementales sont coupées, notamment en Lot-et-Garonne, et la SNCF signale des interruptions de trafic ferroviaire entre Toulouse et Saint-Sulpice-la-Pointe jusqu'en fin de journée. En Gironde, l'approvisionnement en eau potable est fortement perturbé dans sept communes, où les habitants ne doivent plus utiliser l'eau du robinet pour la consommation.

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La réponse des autorités face à l'urgence

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a souligné devant l'Assemblée nationale que la France faisait face à « une conjonction d'événements climatiques inédits ». Elle a notamment révélé que le pays subissait « un record d'humidité dans les sols, jamais recensé depuis 1959 », établissant un lien direct avec le changement climatique.

Face à cette situation d'urgence, plusieurs mesures ont été annoncées :

  • L'État apportera son soutien aux collectivités touchées par les intempéries
  • Les assureurs lancent une mission commune pour accélérer les indemnisations dans les zones les plus difficilement accessibles
  • La Fédération professionnelle de l'assurance estime que les crues revêtent « un caractère exceptionnel »

Des phénomènes hydrologiques exceptionnels

Les cours d'eau atteignent des niveaux historiques. La Loire provoque une « crue majeure » dans les environs d'Angers, avec des niveaux qui devraient continuer à monter mercredi. Au sixième jour de son état d'alerte maximal, la Garonne déborde sur plusieurs centaines de mètres de large entre le nord d'Agen et le sud de Bordeaux.

Le village de Couthures-sur-Garonne en Lot-et-Garonne, habitué aux crues historiques, est désormais coupé du monde, les habitants se déplaçant en barques. Dans ce village « inondable à 100 % », la solidarité s'organise face à la montée des eaux.

L'arrivée imminente de la tempête Pedro

La situation météorologique ne devrait pas s'améliorer dans les prochaines heures. Météo-France annonce le passage d'une nouvelle tempête nommée Pedro, avec des cumuls de précipitations « remarquables » attendus mercredi de la Bretagne au Bassin parisien.

Les prévisions indiquent des précipitations atteignant souvent 15 à 30 millimètres, voire 40 à 50 millimètres localement sur la pointe bretonne, dans un contexte de sols déjà saturés. Neuf départements supplémentaires sont placés en vigilance orange pour crues ou pluie-inondation : Charente, Finistère, Ille-et-Vilaine, Landes, Loire-Atlantique, Morbihan, Sarthe, Tarn-et-Garonne et Vendée.

Un impact économique déjà significatif

Les conséquences économiques commencent à être évaluées. La Caisse centrale de réassurance estime que la tempête Nils, qui a traversé la moitié sud de la France la semaine dernière, pourrait coûter environ 1 milliard d'euros avec 250 000 sinistres recensés.

Dans les zones agricoles, les dégâts sont considérables. En Lot-et-Garonne, des plantations de kiwis sont noyées sous plus de 1,60 mètre d'eau, mettant en péril des exploitations entières. « C'est toute notre vie », témoigne une arboricultrice de 60 ans face à la destruction de ses cultures.

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Les climatologues soulignent que ces événements extrêmes sont aggravés par le changement climatique, avec des « rivières atmosphériques » dopées par le réchauffement qui canalisent des masses d'air chaud et très humide vers l'Europe, entraînant des cumuls de pluie beaucoup plus importants.