Charente-Maritime : Des inondations d'une ampleur historique frappent plusieurs communes
À Saint-Xandre, Marsilly et particulièrement Nieul-sur-Mer, l'eau s'est engouffrée dans les rues avec une violence rarement observée. Pour de nombreux habitants, ces inondations constituent un événement sans précédent depuis plus de trois décennies. Au lendemain du passage dévastateur de la tempête Nils, survenu vendredi 13 février, un calme relatif est revenu dans le département de la Charente-Maritime, mais la situation reste préoccupante.
Nieul-sur-Mer en première ligne face aux eaux déchaînées
Si les vents violents se sont apaisés, les pluies persistantes continuent de s'abattre sur la région, provoquant la montée inquiétante des cours d'eau. À l'entrée de Nieul-sur-Mer, un panneau lumineux clignote, appelant instamment à la prudence. Plusieurs artères de la commune ont dû être barrées en raison des inondations, dont la rue de Beauregard, située à proximité du bourg.
Les résidents se sont réveillés ce matin vers 7 heures avec les pieds littéralement dans l'eau. « J'habite ici depuis trente-trois ans, et je n'ai jamais vu l'eau monter aussi haut », témoigne Fabienne, une sinistrée qui tente désespérément d'écoper sa maison depuis l'aube. Bien que les débordements du ruisseau Le Gô ne soient pas totalement inhabituels, se produisant environ tous les cinq ans, l'ampleur actuelle dépasse largement les précédents épisodes.
Une douzaine d'habitations gravement impactées
« Habituellement, cela se limite à deux ou trois maisons, mais le niveau atteint aujourd'hui est tout à fait exceptionnel », réagit le maire Marc Maigné. Sur une centaine de mètres, une douzaine d'habitations sont sévèrement touchées, les plus affectées enregistrant plus de 30 centimètres d'eau à l'intérieur.
Sylvie subit une double peine : « Le Gô déverse ses eaux dans mon jardin, puis pénètre dans la maison par l'arrière. Je suis contrainte de laisser la porte ouverte pour que l'eau puisse ressortir vers la rue, elle-même inondée. Je vis ici depuis seize ans, c'est du jamais vu. Avec 30 centimètres d'eau, mon rez-de-chaussée est complètement fichu ».
Interventions municipales et craintes pour les prochains jours
Face à cette crise, l'électricité a été coupée dans la rue inondée pour des raisons de sécurité. Sylvie devra passer la nuit à l'hôtel, tandis que d'autres sinistrés seront hébergés par leur famille. « Pour l'instant, nous n'avons pas activé de plan d'évacuation formel, car les habitants ont trouvé des solutions provisoires », précise le maire. Dès 7 heures, les agents municipaux se sont mobilisés pour aider à surélever les meubles et distribuer des parpaings ainsi que des sacs de sable.
Pour relativiser, cette situation reste moins dramatique que l'inondation de 1955, où la rue de Beauregard était submergée sous deux mètres d'eau. Cependant, l'inquiétude persiste malgré une petite accalmie prévue pour samedi 14 février. « Dimanche, de fortes pluies sont à nouveau annoncées… », soupirent avec anxiété les habitants de Nieul-sur-Mer, redoutant une aggravation de la situation.



