La lente libération des villages inondés du Marmandais
Les villages de la plaine du Marmandais se libèrent des eaux de la Garonne au rythme très lent de la décrue. Certains devront encore attendre le début de la semaine prochaine pour être accessibles, prolongeant l'isolement des habitants et compliquant les opérations de nettoyage.
L'insouciance d'un enfant dans Couthures inondé
Clément, 10 ans, a passé la semaine chez lui, isolé dans Couthures inondé avec sa mère et sa grand-mère. Un temps dont il a profité pour construire un radeau de fortune mis à l'eau, ce samedi 21 février, dans les rues encore prises par la Garonne. Petit moment de légèreté et d'insouciance sous le soleil après ces difficiles journées où le plus dur aura peut-être été l'absence d'électricité.
Pendant que les volontaires nettoient les rues au jet, à la pelle et au balai au fur et à mesure que l'eau descend, les réfugiés de la crue font leur retour par la digue, unique accès au village sans se mouiller les pieds.
Le retour difficile des sinistrés
Geoffrey, 24 ans, tire sa valise à roulettes sur le talus herbeux. D'un côté la Garonne encore très haute. De l'autre Couthures, pas encore au sec. Il vient de passer dix jours à l'hôtel Campanile de Marmande. « Sans ça, je n'aurais pas pu aller travailler. En 2021, je n'étais pas parti à temps, je m'étais fait avoir », explique-t-il.
Sa mère qui l'accompagne et porte des sacs a eu 40 cm d'eau dans la maison. « Dix jours sans voir personne, sans lumière, le soir à la bougie, c'est vrai que c'est long », souffle Nadia qui profite de sa « première sortie ».
Une situation électrique précaire
« On a cinquante maisons à l'extérieur du bourg, elles sont encore cernées par l'eau et sans électricité. Il n'y a que le bourg qui a retrouvé le courant », rappelle Didier Pouchet, le président des Sauveteurs de Couthures.
Le maire en kayak pour ravitailler
En amont de Marmande, à Lagruère, le maire, Jacques Verdelet, a dû sortir le kayak ce matin pour ravitailler une famille dont la femme est enceinte. « La baisse du niveau de l'eau ne nous permet plus de naviguer en bateau », explique-t-il.
Ancien moniteur fédéral de canoë-kayak, le maire de 67 ans n'avait plus ramé depuis plus de trois décennies. « J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le kayak, mais ça a été, il n'y avait pas de courant », confie-t-il.
Des conditions d'accès encore difficiles
Pour le village inondé, il faudra attendre que la Garonne passe en dessous de la barre des 8 mètres à Tonneins pour que le casier puisse se vidanger. La Garonne était à 8,30 mètres à la station Vigicrues de Tonneins ce samedi soir.
« On en a pour encore deux ou trois jours avant que la plaine soit accessible », jauge Jacques Verdelet.
Un véhicule imprudent à Gaujac
Samedi 21 février, un fourgon s'est aventuré dans le bourg inondé de Gaujac malgré la signalisation. Le moteur du véhicule a pris l'eau. L'homme au volant s'était engagé sur la rue principale remplie d'eau et barrée de grands panneaux « route inondée ».
L'eau est passée sur le capot et a noyé le moteur. Il a fallu l'intervention des bénévoles bien patients de la réserve communale pour tracter le véhicule hors service.
Des perspectives de retour à la normale
À Jusix, le maire Laurent Capelle espère que la route d'accès sera rouverte mardi pour, enfin, commencer le grand nettoyage. À partir de lundi soir, seuls les véhicules des habitants et des personnes nécessaires à la remise en état du village seront autorisés à circuler.
L'arrêté municipal prévoit l'installation de barrières aux entrées de Jusix depuis Lamothe-Landerron et Mongauzy. À Sainte-Bazeille, la D 3 qui rejoint Couthures-sur-Garonne par le pont était toujours sous l'eau ce samedi 21 février.
Les pelles des digues qui chasseront l'eau vers le fleuve ne pourront être actionnées que lorsque la Garonne descendra à 6,50 mètres à Marmande. Elle faisait encore le yo-yo autour de 8,30 mètres samedi soir, prolongeant l'attente des habitants et des secours.



