Tempêtes dans l'Hérault : les élus ruraux épuisés réclament reconnaissance
Hérault : élus épuisés après tempêtes, réclament aide

Tempêtes successives dans l'Hérault : l'épuisement des élus ruraux face au manque de reconnaissance

Les communes du Nord-Ouest de l'Hérault subissent depuis plusieurs jours des épisodes de vents violents particulièrement destructeurs. La tempête Nils, survenue la semaine dernière, a laissé des traces profondes dans ces territoires ruraux, où les élus locaux commencent à montrer des signes de fatigue face à l'ampleur des dégâts et au manque de soutien institutionnel.

Cruzy, une commune de moins de 1 000 habitants durement touchée

À Cruzy, petite commune située à quelques encablures de l'Aude, le maire Rémy Affre ne cache pas son épuisement. "Rien qu'à entendre sa voix, on comprend dans quel état se situe ce maire", témoigne un observateur de la situation. La commune a subi de plein fouet les assauts de la tempête Nils, avec des conséquences dramatiques sur son patrimoine arboré et ses infrastructures.

"On a un millier d'arbres qui sont tombés, la moitié de ceux du cimetière est par terre… C'est vraiment anxiogène", déplore Rémy Affre. Le premier magistrat s'inquiète particulièrement des conditions actuelles : "Ça fait une semaine que la tempête Nils est passée et il y a de nouveau du vent ce jeudi. Les sols sont gorgés d'eau et les arbres sont fragilisés. D'autres vont tomber, c'est sûr."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des infrastructures critiques affectées

Les dégâts matériels sont considérables et touchent des équipements essentiels au fonctionnement de la commune :

  • Le château d'eau, qui alimente le village, est privé d'électricité, limitant la réserve d'eau à 36 heures
  • La salle polyvalente a dû fermer ses portes jusqu'à nouvel ordre, entraînant l'annulation d'un spectacle prévu le 21 février
  • Des vitres en hauteur de la salle polyvalente ont été soufflées par le vent
  • Une partie de la toiture de l'école s'est envolée

Le maire décrit les difficultés d'intervention : "On a dû utiliser les tronçonneuses, rien que pour pouvoir accéder au château d'eau. Sans électricité, on a une réserve de 36 heures. On a d'abord mis un groupe électrogène qu'on a dû rendre avant d'en installer un nouveau." Certains habitants ont déjà signalé une diminution importante du débit d'eau.

Le refus de reconnaissance de catastrophe naturelle, une source de colère

Ce qui exaspère particulièrement Rémy Affre, c'est le refus de la préfecture de l'Hérault de reconnaître l'état de catastrophe naturelle. "Ce refus de l'état de catastrophe naturelle, ça me met la rage", confie-t-il. Le maire estime que les réparations vont coûter "des milliers et des milliers d'euros" à sa petite commune.

Sa frustration s'exprime avec amertume : "Peut-être qu'il faut que la tempête aille à Montpellier pour que ça change. Il y a quand même un énorme manque de dialogue. Je ne crois pas que madame la préfète a pris la mesure de ce que vivent les élus en ce moment." Et d'ajouter, non sans ironie : "On fera avec, c'est comme ça. Mais je tiens à rappeler que nous aussi, on paye des impôts, il n'y a pas qu'à Montpellier."

La lourde solitude des élus locaux

Au-delà des difficultés matérielles, Rémy Affre pointe la charge psychologique qui pèse sur les maires de petites communes. "Je pense que ça fait partie des explications à ce que de moins en moins de maires vont se représenter", analyse-t-il. "Les élus sont épuisés, on n'est pas reconnu, ce sont des moments lourds, de grande solitude."

La période pré-électorale ajoute une pression supplémentaire, certains habitants allant jusqu'à imputer la responsabilité des intempéries au maire lui-même. "Ajoutez à cela la période pré-électorale avec certains qui pensent que la tempête, c'est de la faute du maire…", soupire l'édile.

Alors que de nouvelles rafales de vent sont annoncées, l'appel à l'aide lancé par le maire de Cruzy et ses homologues des communes voisines restera-t-il sans réponse ? La question de la reconnaissance des difficultés spécifiques des territoires ruraux face aux événements climatiques extrêmes se pose avec une acuité particulière dans ce coin du Nord-Ouest héraultais.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale