La facture des aléas climatiques s'alourdit à 5,2 milliards d'euros en 2025
Le montant des dommages provoqués par les événements climatiques a atteint le chiffre conséquent de 5,2 milliards d'euros en 2025. Cette somme représente une augmentation notable par rapport à l'année 2024, où elle s'élevait à 3,9 milliards d'euros. La fédération professionnelle France Assureurs a dévoilé ces données ce mercredi, pointant du doigt les épisodes de grêle comme principal facteur d'aggravation.
Une année 2025 dans la moyenne récente mais au-dessus des décennies passées
Bien que ce chiffre de 5,2 milliards se situe dans la moyenne observée sur les cinq dernières années, il demeure significativement supérieur à la moyenne de la décennie précédente, couvrant la période 2010-2019. Cette dernière, ajustée pour tenir compte de l'inflation, était établie à 3,9 milliards d'euros. Malgré l'absence de catastrophe majeure en 2025, cette année se classe au neuvième rang en termes de coûts pour la profession de l'assurance depuis la création du régime des catastrophes naturelles en 1982.
La grêle et la sécheresse, principaux postes de dépense
Les différents épisodes de grêle, qui ont affecté pas moins de deux tiers des communes françaises, ont généré à eux seuls un coût colossal de 2,2 milliards d'euros pour les assureurs. Parallèlement, le manque de précipitations en 2025, combiné à un été parmi les plus chauds des dernières années, a entraîné des épisodes de sécheresse. Selon les chiffres de la Caisse centrale de réassurance (CCR), ces épisodes de sécheresse ont coûté environ 1 milliard d'euros.
Une tendance à la hausse décennie après décennie
La moyenne des coûts des sinistres climatiques ne cesse d'augmenter au fil des décennies, une évolution directement liée au changement climatique. Pour illustrer cette progression :
- Entre 1982 et 1989, la moyenne annuelle s'établissait à 1,6 milliard d'euros.
- Entre 1990 et 2009, elle est passée à 2,7 milliards d'euros en moyenne.
« Les catastrophes climatiques, ce n'est pas le risque de demain, c'est la réalité d'aujourd'hui », a rappelé avec force Florence Lustman, présidente de France Assureurs, lors d'une conférence de presse.
Mécanismes de couverture et autres tendances du secteur
Les tempêtes, y compris la grêle, sont généralement couvertes par les contrats dommages standards des assureurs. En revanche, les inondations et les sécheresses relèvent du régime spécifique des catastrophes naturelles, dit « cat nat ». Dans ce cadre, le réassureur public, la CCR, prend en charge la moitié des coûts, allégeant ainsi la facture pour les assureurs privés.
Par ailleurs, France Assureurs observe d'autres évolutions notables :
- Pour l'assurance habitation, la fréquence des sinistres incendie est en recul tendanciel depuis le début des années 2010, contrairement aux dégâts des eaux qui sont en multiplication.
- Pour l'assurance automobile, la fréquence des sinistres matériels a légèrement diminué de 2 %. Cependant, le coût moyen de chaque sinistre a augmenté de 5,3 %, une hausse attribuée au renchérissement constant des pièces, de la main-d'œuvre et de la peinture.



