Dordogne sous les eaux : un bilan après le passage de la tempête Pedro
Des foyers toujours privés d'électricité, des routes coupées ou inondées, des communes dépendant de distributions d'eau embouteillée... La Dordogne panse ses plaies après le passage de la tempête Pedro, qui a soufflé sur le département entre le mercredi 18 et le jeudi 19 février. Cette nouvelle perturbation, survenant après la tempête Nils, a aggravé une situation déjà tendue par des semaines de pluies continues. Alors qu'une accalmie est annoncée, faisons le point sur les conséquences et les perspectives météorologiques.
Routes coupées, coupures d'électricité et problèmes d'eau potable
Les rafales de vent violentes, combinées à des sols détrempés, ont provoqué la chute de nombreux arbres et de câbles électriques. Le Département a recensé 24 routes départementales touchées au plus fort de la crise, notamment sur le secteur très fréquenté de La Rampinsolle, aux portes de Périgueux. Ce jeudi à la mi-journée, dix routes restaient encore coupées à la circulation.
Du côté des réseaux, les équipes d'Enedis, qui commençaient à voir le bout du tunnel après la tempête Nils, ont dû faire face à de nouvelles coupures. Jusqu'à 4 200 foyers se sont retrouvés privés d'électricité ce jeudi, avec encore 1 000 foyers concernés en début de soirée. Pour l'eau potable, la préfecture a indiqué que 18 communes bénéficiaient toujours de distributions d'eau embouteillée, l'eau du robinet étant impropre à la consommation en raison des intempéries.
Enfin, les transports ferroviaires en Périgord ont été perturbés ce jeudi, et des difficultés pourraient persister vendredi, ajoutant aux complications de déplacement.
Records de pluviométrie battus en Périgord
Avec plus d'une trentaine de jours de pluie consécutifs, les quantités d'eau tombées ont atteint des niveaux historiques. Le mois de février 2026 est le mois de février le plus pluvieux depuis 1959, date du début des relevés fiabilisés, selon Léo Mignan, prévisionniste à Météo France. La pluviométrie moyenne dans le département tourne autour de 162 mm, une valeur qui pourrait encore augmenter d'ici la fin du mois.
Trois stations ont particulièrement explosé les records entre le 1er et le 18 février :
- À Montignac-Lascaux, 183,1 mm sont tombés, contre 151,6 mm en 1957.
- À Brantôme-en-Périgord, 179,5 mm ont été enregistrés, dépassant les 175,1 mm de 2014.
- À Terrasson, 170,8 mm ont été mesurés, contre 154,4 mm en 2014.
Rivières sous surveillance et risques de crues
Vigicrues maintient l'ensemble du département en vigilance jaune, avec une situation hydrologique qui reste sous haute surveillance. Une remontée des niveaux des cours d'eau était prévue dès jeudi 19 février en fin de journée, en raison de précipitations résiduelles sur des sols déjà saturés. Par exemple, à Cubjac-Auvézère-Val-d'Ans, un pic était attendu vendredi 20 vers 4 heures du matin, avec un niveau maximal estimé à 3 mètres selon la mairie.
Des températures anormalement douces pour la saison
Le mois de février a été marqué par une douceur exceptionnelle en Dordogne. Les températures étaient en moyenne 3 degrés au-dessus des normales de saison, confirme le prévisionniste Tristan Amm. Cette douceur, venue de l'océan, a accompagné les perturbations météorologiques successives, créant un contexte climatique inhabituel pour la période.
Une accalmie et le retour du soleil annoncés
La bonne nouvelle vient de Météo France, qui prévoit une accalmie pour les jours à venir. La dépression va être repoussée par l'anticyclone des Açores, explique Tristan Amm, laissant espérer le retour du soleil à partir de vendredi 20 février. Le week-end s'annonce même ensoleillé, avec des températures pouvant atteindre 13 à 15°C samedi 21 dans l'après-midi, et 18 à 19°C dimanche 22. Ces douceurs quasi printanières pourraient culminer à 20°C mardi 24 février, accompagnées d'un vent de sud.



