Les coups de chaud, cela fait partie du métier
À Delhi, la capitale indienne, les températures ont atteint 43°C cette semaine, transformant la vie quotidienne en un véritable supplice pour des millions de travailleurs. Pour beaucoup, il n'y a pas de répit possible : le travail continue, quelles que soient les conditions climatiques.
Dans les rues de la vieille ville, les vendeurs de rue, les livreurs, les ouvriers du bâtiment et les conducteurs de pousse-pousse sont en première ligne. « Les coups de chaud, cela fait partie du métier », confie Ramesh, un conducteur de pousse-pousse de 45 ans. « Mais cette année, c'est pire que jamais. On dirait que le soleil nous brûle la peau. »
Des conditions de travail extrêmes
Les travailleurs informels, qui représentent plus de 80% de la main-d'œuvre indienne, sont particulièrement vulnérables. Sans accès à des espaces climatisés, à de l'eau potable en quantité suffisante ou à des pauses régulières, ils doivent composer avec une chaleur accablante. « Nous n'avons pas le choix. Si nous ne travaillons pas, nous ne mangeons pas », explique Sunita, une vendeuse de légumes qui passe ses journées sous un soleil de plomb.
Les autorités locales ont émis des alertes canicule et recommandé de rester chez soi, mais pour des millions de personnes, cette consigne est impossible à suivre. Les hôpitaux signalent une augmentation des cas de coups de chaleur et de déshydratation sévère.
L'absence de protections
Contrairement à certains pays où des lois protègent les travailleurs en cas de températures extrêmes, l'Inde ne dispose pas de réglementations spécifiques pour les travailleurs informels. Les syndicats réclament depuis des années des mesures comme l'instauration de pauses obligatoires, la fourniture d'eau et d'ombre, ou encore le versement d'une prime de chaleur.
« Le gouvernement doit agir », insiste Priya, une militante des droits des travailleurs. « Il ne s'agit pas seulement de confort, mais de survie. Chaque année, des travailleurs meurent à cause de la chaleur. »
Des solutions insuffisantes
Certaines entreprises offrent des solutions ponctuelles, comme des distributions d'eau ou des tentes, mais cela reste très insuffisant face à l'ampleur du problème. Les travailleurs déplorent un manque de solidarité et de considération.
« Nous ne demandons pas la lune, juste un peu d'humanité », conclut Ramesh, avant de reprendre son pousse-pousse sous un soleil de plomb. À Delhi, la canicule est devenue une épreuve de plus pour des travailleurs déjà précaires, qui endurent en silence.



