Cyclone en Australie : trois usines de GNL paralysées, l'approvisionnement mondial menacé
Cyclone paralyse usines GNL en Australie, menace approvisionnement

Un cyclone paralyse la production de GNL en Australie-Occidentale

Un violent cyclone tropical nommé Narelle a frappé la côte ouest de l'Australie, provoquant l'arrêt forcé de trois des plus importants sites de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Les géants énergétiques Chevron et Woodside ont confirmé vendredi que leurs installations avaient subi des interruptions de production significatives, survenant au moment où le conflit au Moyen-Orient perturbe déjà gravement les approvisionnements mondiaux en hydrocarbures.

Trois sites stratégiques affectés par les intempéries

Les sites exploités par Chevron, Gorgon et Wheatstone, qui représentent à eux seuls environ 5% de la production mondiale de GNL selon l'entreprise, ont été contraints de réduire ou d'arrêter leurs activités jeudi après-midi. L'usine de Gorgon, la plus grande des deux, fonctionne actuellement à capacité réduite. À pleine puissance, cette installation peut produire plus de 15 millions de tonnes de gaz par an, tandis que Wheatstone approche les neuf millions de tonnes annuels.

Woodside Energy a également signalé une "interruption de production" sur son site de Karratha, situé dans l'État d'Australie-Occidentale. Cette usine traite le gaz provenant de l'une des plus importantes exploitations gazières offshore du monde, ajoutant ainsi à l'impact global sur la production australienne.

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Des vents violents jusqu'à 200 kilomètres à l'heure

Le cyclone tropical Narelle longeait les côtes de l'Australie-Occidentale vendredi après-midi, se déplaçant vers le sud tout en s'éloignant progressivement des sites côtiers de Gordon, Wheatstone et Karratha. Cependant, le phénomène météorologique a laissé dans son sillage des vents extrêmement violents pouvant atteindre 200 kilomètres à l'heure, suffisamment puissants pour justifier l'arrêt des opérations sur ces sites industriels sensibles.

"Chevron Australie s'efforce de rétablir la production dans les infrastructures gazières de Gorgon et de Wheatstone à la suite d'interruptions de production", a indiqué l'entreprise dans un communiqué officiel. Woodside a quant à elle précisé qu'elle informerait le marché conformément à ses obligations si la production ou les installations subissaient un impact significatif.

Une perturbation arrivée "au pire moment"

Josh Runciman, analyste du secteur gazier, a déclaré à l'AFP que cette perturbation survenait "au pire moment" possible. Elle réduit encore davantage les approvisionnements en carburant déjà mis à rude épreuve par la guerre au Moyen-Orient et "ne contribue guère à rassurer les importateurs de GNL quant à la fiabilité de l'approvisionnement".

Les conséquences se font déjà sentir sur les marchés : les prix du GNL dans certains pays d'Asie dépendant fortement des importations australiennes ont plus que doublé depuis le début du conflit fin février. Le Japon, qui importe 40% de son GNL depuis l'Australie selon l'Association asiatique du gaz naturel et de l'énergie, est particulièrement vulnérable à ces perturbations.

L'Australie, exportateur clé dans un contexte géopolitique tendu

L'Australie se positionne comme l'un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL et le principal fournisseur de gaz liquéfié aux pays d'Asie. Cette position stratégique devient encore plus cruciale alors que les pays asiatiques subissent de plein fouet les perturbations de l'approvisionnement en hydrocarbures provoquées par le blocage du détroit d'Ormuz imposé par l'Iran, en représailles aux attaques israélo-américaines.

Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a déclaré que les exportations australiennes de GNL étaient devenues "plus essentielles que jamais" dans le contexte actuel. Cependant, il a tempéré cet optimisme en ajoutant : "Mais l'Australie ne pourra pas, à elle seule, compenser l'intégralité du manque de GNL en provenance du Moyen-Orient".

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Répercussions sur les marchés énergétiques mondiaux

Le président américain Donald Trump a partiellement apaisé les marchés de l'énergie jeudi en annonçant le report de l'ultimatum fixé à l'Iran pour rouvrir le passage maritime stratégique du détroit d'Ormuz. Malgré cette annonce, les marchés restent méfiants, le baril de Brent de la mer du Nord dépassant toujours les 100 dollars vendredi.

Le Qatar, sur le podium des exportateurs mondiaux de GNL derrière les États-Unis, a vu ses exportations chuter avec le conflit entamé depuis près d'un mois, les méthaniers évitant le détroit d'Ormuz fermé de facto. Cette situation, combinée aux perturbations australiennes, crée une pression supplémentaire sur l'offre mondiale de gaz naturel liquéfié.

Vers une nouvelle taxation des bénéfices exceptionnels ?

Alors que les bénéfices de l'industrie du GNL devraient augmenter dans le sillage de la crise actuelle, des médias australiens ont rapporté que le pays envisagerait d'instaurer une nouvelle taxe sur les bénéfices exceptionnels des exportateurs. Cette mesure fiscale potentielle s'inscrirait dans un contexte où l'Australie cherche à maximiser les retombées économiques de sa position d'exportateur énergétique majeur tout en faisant face aux défis logistiques et environnementaux.

La combinaison des perturbations météorologiques et des tensions géopolitiques crée ainsi une situation complexe pour le marché mondial du GNL, mettant en lumière la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement énergétique face aux aléas naturels et aux conflits internationaux.