Madagascar dévasté par le cyclone Gezani : neuf morts et des rafales à 250 km/h
Cyclone Gezani à Madagascar : neuf morts, rafales à 250 km/h

Madagascar frappé par un cyclone d'une intensité exceptionnelle

L'île de Madagascar subit actuellement les conséquences dévastatrices du cyclone Gezani, un phénomène météorologique d'une rare violence. Selon les autorités malgaches, un premier bilan fait état de neuf personnes décédées et de dix-neuf blessés. Ces victimes sont survenues principalement dans la région d'atterrissage du cyclone, suite à des effondrements de maisons provoqués par la force des vents.

Toamasina, une ville défigurée par les éléments

Le cyclone a frappé de plein fouet Toamasina, la deuxième ville de Madagascar, mardi soir. Les rafales de vent ont atteint la vitesse impressionnante de 250 kilomètres par heure, causant des dégâts considérables. Cette cité portuaire, également connue sous son ancien nom colonial de Tamatave, compte près de 400 000 habitants et apparaît aujourd'hui profondément meurtrie.

Les images partagées par les autorités sont éloquentes : des rues inondées où le colonel Michaël Randrianirina, nouvel homme fort du pays, a été filmé en train de patauger pour témoigner son soutien à la population. Les artères de la ville sont jonchées de centaines d'arbres arrachés, tandis que des toits de tôle éventrés s'étendent à perte de vue. L'avenue de l'Indépendance, autrefois bordée de palmiers majestueux, présente désormais un paysage de désolation avec ses arbres renversés comme de simples allumettes.

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Une situation décrite comme « le chaos total »

Rija Randrinarisoa, responsable régional de l'ONG Action contre la Faim, décrit une situation catastrophique : « C'est le chaos total, 90 % des toits des maisons se sont envolés, tout ou en partie. Les routes sont totalement inaccessibles, du fait des arbres au sol, des tôles. Les voitures ne peuvent pas circuler ». Cette description illustre l'ampleur des dégâts matériels et les difficultés logistiques auxquelles font face les secours et la population.

Le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNRGC) a confirmé que le système cyclonique, bien qu'affaibli après avoir touché terre, continue de traverser l'île d'est en ouest. Cette progression maintient des risques importants d'inondations dans les régions concernées.

Un cyclone comparé aux pires événements météorologiques

Le Centre météorologique régional spécialisé cyclones (CMRS) de l'île française de La Réunion a qualifié l'impact de Gezani comme « l'un des impacts directs les plus intenses de l'ère satellitaire sur le secteur de Tamatave ». Les météorologues n'hésitent pas à le comparer au cyclone Geralda de février 1994, qui avait fait au moins 200 morts et 500 000 sinistrés à Madagascar.

Les prévisions météorologiques sont peu rassurantes pour la suite. Gezani devrait regagner en intensité en rejoignant le canal du Mozambique, retrouvant alors le stade de cyclone tropical. Selon le CMRS, il pourrait frapper à partir de vendredi soir le sud de l'Afrique australe, une région déjà sinistrée par d'impressionnantes inondations depuis le début de l'année.

Cette nouvelle menace cyclonique intervient dans un contexte politique particulier à Madagascar, seulement quatre mois après la prise de pouvoir par les militaires. La visite du colonel Randrianirina à Toamasina avant l'arrivée du cyclone témoigne de l'attention portée par les nouvelles autorités à cette catastrophe naturelle majeure.

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