Crues de la Charente : la campagne municipale à Saintes suspendue dans un climat de tensions politiques
Crues de la Charente : campagne municipale suspendue à Saintes

La crue historique de la Charente perturbe la campagne électorale à Saintes

La montée des eaux de la Charente, qui a excédé la barre des six mètres à Saintes, a provoqué un arrêt brutal des activités de campagne pour les élections municipales. Cet événement climatique majeur force les candidats à se recentrer sur l'urgence, tout en exposant des fractures politiques persistantes au sein de la municipalité.

Un maire confronté à une gestion de crise devenue routine

Bruno Drapron, le maire sortant de Saintes, ne manque jamais de souligner que son mandat a été marqué par des épisodes d'inondations répétés. En effet, la ville a connu trois crues dépassant six mètres au cours des cinq dernières années. Dimanche 15 février, face à cette nouvelle crise, il a immédiatement suspendu sa campagne électorale pour se consacrer pleinement à une gestion de crise désormais bien rodée.

Les membres de sa majorité municipale ont été déployés sur le terrain pour coordonner les efforts, et l'inauguration d'un dojo, initialement prévue pour le mercredi 18 février, a dû être reportée. Cette réaction rapide témoigne d'une certaine expérience acquise face à ces phénomènes récurrents.

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Des critiques acerbes et un manque de solidarité affiché

Cependant, cette unité de façade cache des tensions palpables. Laurent Daviet, un membre dissident de la majorité municipale, a exprimé son amertume dans un communiqué annonçant une « campagne en pause ». Il déplore une absence de solidarité entre élus et regrette que tous les conseillers municipaux ne soient pas associés à la gestion de la crise.

« Nous sommes 35 élus, tous avec la même légitimité pour servir nos concitoyens », affirme-t-il, avant d'ajouter que, malgré les apparences, « le seul qui n'a pas véritablement mis sa campagne en pause porte le nom de Bruno Drapron ». Cette accusation souligne les rivalités qui persistent en période d'urgence.

Les réactions des autres candidats : entre trêve électorale et polémiques

Jean-Philippe Machon, ancien maire de Saintes, active ses propres canaux de solidarité sur les réseaux sociaux tout en critiquant un manque d'anticipation de la part de la municipalité actuelle. Son intervention illustre la difficulté à séparer action humanitaire et critique politique.

De son côté, Ludovic Norigeon, candidat PS et chef de file de la liste d'union de la gauche Saintes demain, a annoncé une trêve électorale face à l'urgence. « Dans ces moments-là, le débat politique et la campagne doivent être mis entre parenthèses. L'essentiel, ce sont les sinistrés. L'essentiel, c'est la solidarité », a-t-il déclaré.

Cette position lui a valu une réponse cinglante de Didier Collet, membre de la liste Saintes, solidaire et citoyenne, qui estime qu'il est possible de continuer à discuter avec les habitants touchés, équipé de bottes et d'un ciré. « Elles seront peut-être intéressées par les propositions de chaque liste », argue-t-il, tout en saluant le travail remarquable du personnel communal, un point sur lequel tous les candidats semblent s'accorder.

Une campagne municipale durablement affectée

Cette crue de la Charente, loin d'être un simple aléa climatique, agit comme un révélateur des divisions politiques locales. Alors que la gestion des inondations devient un enjeu récurrent à Saintes, les candidats aux municipales peinent à trouver un terrain d'entente, même en période de crise. La campagne, bien que suspendue, continue de s'exprimer à travers des critiques et des accusations, montrant que l'urgence n'a pas effacé les rivalités électorales.

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