Crue historique de la Garonne en 2026 : une décrue exceptionnellement lente et étendue
Crue Garonne 2026 : décrue lente et zone inondée étendue

La crue de la Garonne de 2026 : un événement historique par sa durée et son étendue

La crue survenue en février 2026 sur le bassin de la Garonne restera dans les annales moins pour la hauteur de ses pics que pour la lenteur exceptionnelle de sa décrue et l'ampleur considérable de la zone touchée. Cet épisode inondatoire a été qualifié de décennal, vicennal (ou vingtennal) et même trentennal sur les secteurs les plus impactés, notamment entre Tonneins et Langon. Pour mémoire, une crue trentennale présente une probabilité d'une sur trente de se produire chaque année, tandis que celle de 2021 était considérée comme vicennale.

Une réunion cruciale pour dresser le bilan

Le comité syndical de l'établissement public Garonne (EPG, anciennement Smeag) s'est réuni le 19 mars à Toulouse afin d'établir un bilan détaillé de ces inondations historiques. Franck Solacroup, directeur général des services de l'EPG, a souligné : « Au regard des hauteurs d'eau, ce n'est pas une crue extraordinaire. Mais cet épisode reste exceptionnel à plusieurs titres. » Il a précisé : « C'est une crue généralisée sur tous les cours d'eau du bassin-versant. C'est cette concomitance qui explique l'ampleur du phénomène et surtout sa durée. »

Une répartition géographique inégale des impacts

Les effets de cette crue ont été très variables selon les territoires. Elle s'est révélée insignifiante en Haute-Garonne et dans le Tarn-et-Garonne, mais particulièrement intense dans le Lot-et-Garonne et la Gironde. « Le fleuve a reçu des débits très importants du Tarn, de l'Aveyron et du Lot. La pluie qui est tombée sur les Pyrénées et le Massif central s'est accumulée », a expliqué Franck Solacroup. Au plus fort de l'événement, la carte de Vigicrues illustrait cette gradation :

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  • Toulouse-Castelsarrasin (jusqu'à la confluence du Tarn) en vigilance jaune
  • Castelsarrasin-Tonneins (jusqu'à la confluence du Lot) en vigilance orange
  • Tonneins-Cadillac en vigilance rouge

Des causes météorologiques cumulatives

Les raisons de cette crue majeure sont bien identifiées :

  1. Une succession de tempêtes en janvier et février (Goretti, Harry, Ingrid, Leonardo, Nils et Pedro)
  2. Quarante jours de pluie consécutifs à partir du 14 janvier
  3. Un record de saturation des sols en eau
  4. Des précipitations abondantes
  5. Des coefficients de marée élevés

La combinaison de ces phénomènes a considérablement ralenti la décrue. « Il a fallu attendre entre neuf et quinze jours pour libérer les zones inondées, c'est exceptionnel », a insisté le directeur de l'EPG. Cette durée prolongée a aggravé les dégâts sur les digues et les habitations.

Un débit record à Marmande

Le débit maximum du fleuve a été enregistré à Marmande (Lot-et-Garonne) le 14 février à 21 heures, atteignant 6 326 mètres cubes par seconde. À titre de comparaison, en période d'étiage, les eaux de la Garonne s'écoulent modestement à environ 110 m³/s. Les hauteurs mesurées en 2026 se sont avérées légèrement supérieures à celles des crues de 2021 et 2022, confirmant le caractère exceptionnel de cet épisode.

Cette crue historique de la Garonne, avec sa décrue inhabituellement lente et son étendue géographique remarquable, souligne la vulnérabilité des territoires face aux événements hydrologiques extrêmes et la nécessité de renforcer les stratégies de prévention et de gestion des risques d'inondation.

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