Catastrophes climatiques à Marmande : les sinistrés cherchent des réponses juridiques
Catastrophes climatiques : les sinistrés face aux assurances à Marmande

Des sinistrés climatiques en quête de justice à Marmande

Radiées des assurances, maisons fissurées, serres ravagées… Ce lundi, au tribunal de proximité de Marmande, ce ne sont pas des accusés qui se tiennent à la barre, mais des victimes des récentes catastrophes climatiques. La tempête Nils et les crues du mois de février ont laissé des traces profondes dans le Marmandais, poussant de nombreux sinistrés à chercher de l'aide et des réponses juridiques lors d'une réunion publique organisée spécialement à leur intention.

Des situations personnelles dramatiques

Parmi les participants, Sonia, maraîchère à Sénestis, a vu son activité réduite à néant. Aline, dont la maison a été fissurée par douze jours d'inondations continues, se débat avec les assurances. Valérie, éleveuse de chèvres à Fauguerolles, subit sa troisième inondation en six ans. Toutes partagent un même désarroi face à la complexité des démarches administratives et juridiques. « Si l'arbre du voisin est tombé chez moi, qui est responsable ? », questionne l'un d'eux, résumant le sentiment général de confusion.

Les conseils d'avocats pour naviguer dans le système

Maîtres Stéphanie Dugoujon et Vincent Dupouy, avocats au barreau d'Agen, étaient présents pour éclairer ces problématiques. « Tout est fait pour aider les victimes. Si les assureurs ne font pas d'efforts, les juges le savent », ont-ils rassuré d'emblée. Ils ont insisté sur l'importance de ne pas signer trop vite les propositions d'indemnisation. « Je recommande de ne pas signer avant de faire vérifier les chiffres par un artisan ou un expert d'assurance », a précisé Me Dupouy, soulignant qu'une fois la somme versée, il est difficile de la reconsidérer.

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Les pièges des assurances et des indemnisations

Sonia Quendolo, fraisicultrice touchée par la rupture d'une digue, illustre les difficultés. « J'ai huit hectares que je ne peux pas exploiter à cause des travaux de sécurisation d'une canalisation de gaz », déplore-t-elle. Elle est concernée par le régime de calamité agricole, mais craint que son assurance ne se décharge de ses responsabilités. « Tout le monde me propose des crédits, mais j'ai espoir que les discussions aboutissent », confie-t-elle.

Le relogement et les travaux conservatoires

Un point crucial abordé concerne le relogement. La loi prévoit jusqu'à six mois de prise en charge (gîte, hôtel, location) si le domicile est prouvé inhabitable. « Il faut profiter du relogement pour réaliser seulement des travaux conservatoires. L'idée est de ne pas tout réparer afin que les dégâts soient encore visibles lors du passage de l'expert », conseille Me Dupouy. Aline, dont la maison fissurée n'a pas bénéficié de mise en sécurité, s'étonne de ce silence. « L'expert est venu il y a trois semaines et nous n'avons plus aucune nouvelle depuis », raconte-t-elle.

La nécessité de faire entendre sa voix

Face à ces retards, les avocats encouragent les sinistrés à ne pas rester passifs. « Si ça tarde, ne pas hésiter à râler, car les assureurs font la part des choses entre ces cas-là et les plus silencieux », note Me Dupouy avec un sourire. Cette réunion a mis en lumière l'importance de l'accompagnement juridique pour des victimes souvent démunies, cumulant les problèmes après des événements climatiques de plus en plus fréquents et violents.

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