Fin mars, la maison de retraite Lou Grand Oustalou à Carcès a été évacuée en urgence après le débordement du canal d'irrigation qui la longe. Près d'un mois plus tard, les résidents regagnent leurs chambres et la vie reprend son cours.
Une évacuation sous haute tension
Le 27 mars, en fin d'après-midi, l'eau s'est engouffrée par la sortie de secours du premier étage, puis s'est déversée dans les étages inférieurs. Le directeur de l'établissement, Jean-Philippe Ravel, a décrit une montée rapide des eaux jusqu'à hauteur de plinthes. Les 54 résidents ont été évacués avec l'aide du personnel et des agents municipaux, une opération qui s'est achevée vers une heure du matin.
Un canal historique à l'origine du sinistre
L'Ehpad Lou Grand Oustalou est construit en cascade au-dessus d'un canal d'irrigation datant du XVIe siècle. Ce canal, qui puise son eau dans le Carami, s'étend sur six kilomètres. Selon le maire Alain Ravanello, un curage annuel est effectué, mais des dépôts de sédiments et des déchets (bûches, tontes d'herbe) obstruent régulièrement le canal, provoquant des débordements. Des incidents similaires s'étaient déjà produits avant la pandémie de Covid-19 et en 2022.
Des travaux en urgence
Le sinistre a endommagé l'électricité, les ascenseurs, les systèmes de sécurité incendie, la chaufferie et les cuisines. Le chauffage a été relancé pour sécher le bâtiment, et des experts ont évalué l'étendue des dégâts. Après quatre semaines de travaux intensifs, la commission sécurité a donné son feu vert le 15 avril pour le retour progressif des résidents.
Des mesures préventives
Pour éviter de futures inondations, la municipalité a installé six regards supplémentaires le long du canal, facilitant son entretien. Des travaux d'élagage, de nettoyage des abords et de sécurisation des ouvrages ont également été réalisés. Le maire se félicite de la réactivité des équipes et souligne l'importance pour les résidents de retrouver leurs repères.
Un retour progressif
Les résidents évacués avaient été répartis dans des établissements voisins (Cotignac, Brignoles, Le Luc, La Roquebrussanne, Cuers, Garéoult, Pignans) ou accueillis par leurs familles. Depuis le 15 avril, ils réintègrent leurs chambres par vagues. La direction espère un retour complet d'ici quelques jours.



