Robots loups contre ours : le Japon invente une solution terrifiante
Robots loups contre ours : la solution japonaise

La folie des robots loups au Japon

Vous voulez faire fortune ? Spécialisez-vous dans l’importation de « Monster Wolfs ». Vous ne connaissez pas ? Ces abominables robots aux yeux sanguinolents de loup enragé, vendus avec un assortiment de sirènes toutes plus effrayantes les unes que les autres et de panneaux lumineux clignotants dignes d’un parc d’attractions horrifique, à la Stephen King, font un tabac au Japon. Dans l’archipel, l’ours est sacré. Alors, il prolifère. Et les attaques se multiplient. Les ours entrent dans les magasins, dans les maisons, les toilettes publiques, partout. Et ils sont de plus en plus agressifs, car ils ont faim. Les autorités ont dû en abattre 14 000 l’année dernière. Et les ventes de robots effaroucheurs explosent.

La situation en France : ours et loups

Avec nos 108 ours des Pyrénées, nous sommes loin du compte, évidemment. Mais leur nombre s’accroît de 10 % chaque année. La réintroduction initiale s’étant effectuée sur un tout petit nombre d’individus, ils sont tous consanguins, ou presque. Et comme des associations préconisent d’augmenter la diversité génétique en important de nouveaux individus, un scénario à la japonaise n’est donc pas exclu à terme : l’évolution des loups, de plus en plus nombreux, de plus en plus audacieux, montre que le réensauvagement n’est jamais sans risques.

Dans nos montagnes, les éleveurs sont censés déployer des trésors d’ingéniosité pour préserver leurs troupeaux des attaques des prédateurs, mobilisant même de gentils bergers bénévoles qui se relaient la nuit pour les tenir à distance. Il existe déjà des chiens robotisés gardeurs de troupeaux, censés effrayer les loups sans mordre les randonneurs, contrairement aux patous. Face aux ours, ils ne font pas le poids. Un stand de démonstration-vente de « Monster Wolfs » serait donc bienvenu dans notre Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine qui s’est ouvert à Bordeaux le 22 mai.

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L’introduction du glouton, une idée dangereuse

Compliquons encore la partie de ceux qui nous nourrissent, ouvrent nos paysages et fondent notre gastronomie : introduisons un autre grand prédateur, lui aussi protégé par l’Union européenne, le glouton. En Europe du nord, cet énorme mustélidé de la famille des furets tue pour le plaisir, sans aucune retenue. La montagne deviendra ainsi un magnifique escape game, ce qui permettra aux stations de ski, confrontées au manque croissant de neige, de distraire les familles avec originalité en toutes saisons. Au Japon, il faut avoir une clochette pour effrayer les ours. Au Canada, un spray au poivre. Les enfants vont adorer.

Les paradoxes de la biodiversité

Il paraît que l’homme est coupable, car il empiète sur le territoire dévolu aux bêtes sauvages. Les renards et les sangliers qui prolifèrent dans les villes ont bien compris, eux, comment profiter de nos territoires à nous. Les paradoxes de la biodiversité. Nous massacrons les renards des campagnes, pourtant essentiels dans la lutte contre les rongeurs destructeurs de récoltes et vecteurs de redoutables zoonoses, mais nous mobilisons à grands frais des équipes d’intervention pour neutraliser dans les villes, sans la blesser, la faune sauvage indésirable. Un cobra aperçu dans une bourgade française fait fermer les écoles et les parcs. Mais, dans le monde tropical, la multiplication des aires naturelles protégées oblige le paysan africain à cohabiter avec les troupeaux d’éléphants destructeurs de récoltes, le villageois indien, avec des tigres tueurs d’hommes. Des gardes armés patrouillent pour interdire les parcs aux ruraux qui ont été dépossédés de leurs terres de culture et de pastoralisme, souvent sacrées, mais personne ne les protège, eux.

Les orques d’Antibes et les attaques de bateaux

Le Marineland d’Antibes a été fermé il y a deux ans au nom de la protection des orques. Elles tournent en rond depuis, dans des bassins de plus en plus dégradés. Pour les distraire, les soigneurs organisent des simulacres de spectacle devant des gradins vides. Après bien des atermoiements, ces pauvres orques doivent partir pour Tenerife. Dans un autre parc d’attractions, dont les bassins sont plus petits encore. Étonnez-vous, après toutes ces errances humaines, que les orques attaquent les bateaux dans le golfe de Gascogne.

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