À Rio, les colonies de pêcheurs menacées de disparition
À Rio, les colonies de pêcheurs menacées de disparition

À Rio de Janeiro, les colonies de pêcheurs traditionnelles, véritables symboles de la culture carioca, sont aujourd'hui menacées de disparition. L'urbanisation galopante et la pollution des eaux mettent en péril un mode de vie ancestral qui perdure depuis des générations. Selon une étude récente de l'Université fédérale de Rio de Janeiro, le nombre de pêcheurs artisanaux a chuté de 40 % au cours des vingt dernières années, passant de 12 000 à environ 7 200.

Un patrimoine culturel en péril

Les colonies de pêcheurs, comme celles de la zone portuaire ou de la baie de Guanabara, sont des communautés soudées qui vivent de la pêche artisanale. Elles transmettent de génération en génération des savoir-faire uniques, comme la construction de bateaux en bois ou la confection de filets. « C'est toute notre identité qui est en jeu, » déplare Carlos Alberto dos Santos, président de la Fédération des pêcheurs de l'État de Rio. « Nous sommes les gardiens de la baie, mais nous sommes de moins en moins nombreux. »

Les causes de la disparition

Plusieurs facteurs expliquent ce déclin. L'expansion urbaine empiète sur les espaces de pêche, tandis que la pollution industrielle et domestique contamine les eaux, réduisant les stocks de poissons. La construction de grands projets immobiliers, comme le port de plaisance, a également restreint l'accès à la mer. En 2025, une marée noire dans la baie de Guanabara a aggravé la situation, tuant des milliers de poissons et forçant de nombreux pêcheurs à abandonner leur activité.

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Un impact économique et social

La disparition des colonies de pêcheurs a des conséquences économiques directes. La pêche artisanale représente environ 15 % de la production de poisson de la région, mais elle emploie près de 30 000 personnes en incluant les activités connexes. « Sans les pêcheurs, c'est toute une économie locale qui s'effondre, » explique Maria Silva, économiste à l'Université fédérale. De plus, ces communautés jouent un rôle crucial dans la préservation de l'environnement marin, en pratiquant une pêche durable et en surveillant les écosystèmes.

Des initiatives de sauvegarde

Face à cette situation, des associations et des pouvoirs publics tentent de réagir. Un projet de loi municipal, déposé en 2026, vise à classer les colonies de pêcheurs comme patrimoine culturel immatériel de Rio. Par ailleurs, des programmes de dépollution de la baie de Guanabara ont été lancés, avec un budget de 50 millions d'euros sur cinq ans. « Nous espérons que ces mesures permettront de sauver ce qui peut encore l'être, » déclare le maire de Rio, Eduardo Paes. Mais pour les pêcheurs, le temps presse : chaque année, ce sont en moyenne 150 familles qui quittent la profession.

Un avenir incertain

Malgré ces efforts, l'avenir des colonies de pêcheurs reste sombre. Les jeunes générations sont de moins en moins attirées par un métier jugé difficile et peu rémunérateur. « Mon fils veut devenir informaticien, pas pêcheur, » confie João Santos, pêcheur depuis 40 ans. « Je ne peux pas lui en vouloir, mais c'est triste de voir notre tradition s'éteindre. » Si rien ne change, les colonies de pêcheurs pourraient avoir disparu d'ici 2050, emportant avec elles un pan entier de l'histoire de Rio.

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