Quatre jeunes phoques gris relâchés dans les Landes après des mois de soins
Quatre jeunes phoques gris relâchés dans les Landes

Mardi 5 mai 2026, sous une pluie battante, quatre jeunes phoques gris ont été relâchés sur la plage de la Lette Blanche à Vielle-Saint-Girons, dans les Landes. Ils avaient été recueillis et soignés à l'Aquarium de Biarritz depuis décembre ou janvier. Trois d'entre eux ont été équipés de balises Argos pour permettre de suivre leur migration vers le Nord de l'Europe.

Un hiver difficile pour la faune marine

L'hiver dernier a été particulièrement rude pour la faune marine. En février 2026, des centaines de macareux avaient été retrouvés morts sur le littoral. Le refuge pour la faune sauvage Paloume, basé à Pouydesseaux, a recueilli puis relâché plusieurs macareux au large de Capbreton. C'est au tour de l'Aquarium de Biarritz de procéder à une opération de relâchage pour les jeunes phoques gris.

Des soins intensifs pour les phoques

Charlotte Candau, chargée de communication de l'Aquarium, explique : « Nous avons relâché quatre jeunes phoques, qui étaient chez nous depuis décembre ou janvier pour certains. Nous les avons soignés, remis en forme pour qu'ils reprennent du poids, avant de les remettre dans leur milieu naturel. On vient les relâcher dans les Landes, hors période de vacances scolaires, pour que les phoques puissent repartir dans de bonnes conditions, sans qu'ils soient embêtés. »

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Les internautes ont pu suivre la convalescence de ces quatre phoques, dont certains, à bout de forces, s'étaient échoués sur des plages fréquentées par des promeneurs et leurs chiens. Ils ne parvenaient pas à se reposer, aggravant les risques pour leur santé.

Un retour à l'océan sous la pluie

À l'heure de retrouver l'océan, mardi 5 mai, sous une pluie battante, les rares témoins de la scène ont pu constater que les jeunes phoques, équipés pour trois d'entre eux d'une balise Argos, ont repris la mer après quelques hésitations. Dans les caisses de transport, les phoques sentaient l'odeur de l'océan, l'agitation et la liberté toute proche.

Tempêtes violentes et échouages

Sébastien Prouet, capacitaire du centre de soins de l'Aquarium de Biarritz, revient sur un hiver particulièrement difficile : « Cette année, c'était une grosse saison d'échouage, avec pas mal d'animaux signalés. On en a pris quelques-uns en soins parce qu'ils étaient trop maigres, ou qu'ils avaient des blessures qui nécessitaient des soins et qu'ils ne pouvaient pas rester en milieu naturel. On a eu beaucoup de tempêtes assez violentes, c'est pour cela qu'on a eu de nombreux jeunes phoques gris qui sont arrivés épuisés sur les côtes du sud de l'Atlantique, mais aussi en Bretagne. »

Un phoque récupéré à Capbreton avait été mordu par un chien sur la plage : « On ne lui a pas posé de balise. On le suivait depuis une semaine, il n'était pas trop maigre, mais il s'était échoué pour se reposer. Au bout de quelques jours, on nous l'a signalé avec une grosse plaie sous la patte avant droite. En hiver, les chiens ne sont pas tenus en laisse, ils attaquent parfois des phoques trop fatigués pour repartir. »

Suivre leur migration vers le Nord

Les trois autres phoques vont pouvoir être suivis par les équipes de l'Aquarium : « Cela va nous permettre de suivre leur migration, leur retour vers des colonies qui se situent dans le Nord de l'Europe. C'est la deuxième fois qu'on fait ça. L'an dernier, on avait suivi les animaux jusqu'à La Rochelle, et on avait eu un souci sur les balises, les antennes avaient été arrachées. On a retrouvé les phoques bien plus au nord. Là, on va pouvoir mesurer leur vitesse, leur profondeur, les durées de plongée, les profils de plongée, si c'est juste de l'exploration ou de la recherche de nourriture, apprendre à mieux les connaître », poursuit Sébastien Prouet.

Un voyage loin d'être terminé

« Ça fait quelques années qu'on relâche désormais des phoques dans le sud des Landes, alors qu'avant, on les remontait jusqu'en Bretagne. Mais vu qu'on en reçoit de plus en plus, la logistique était devenue trop importante. On a un retour d'expérience avec des bagues : des phoques remis à l'eau ici ont été observés en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre), et même au Pays de Galles. »

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Les opérations de relâchage ont pris quelques heures. Elles doivent se dérouler dans des conditions optimales, à l'abri des curieux. Sébastien Prouet connaît bien la plage de la Lette Blanche : « On l'a choisie parce qu'on est au-dessus du Gouf de Capbreton, où ils vont trouver de quoi se nourrir. Nous les relâchons plus au nord pour qu'ils évitent également de se retrouver dans une zone de forte pêche, avec le risque de se prendre dans des filets. »

Le temps de dire au revoir à ces pensionnaires attachants, de les mettre dans les meilleures conditions pour qu'ils repartent au large, d'immortaliser les premiers « canards » sous les vagues, et il faut remballer le matériel. « Ces quatre phoques ont récupéré, mais nous en avons aussi recueilli d'autres qui n'ont pas eu cette chance, et qui sont morts dans les heures qui ont suivi leur prise en charge. Nous allons maintenant essayer d'en savoir plus sur leurs déplacements, grâce aux balises », estime Charlotte Candau.