Plaine du Var : rejet massif de la bétonisation de l'Écovallée
Plaine du Var : rejet massif de la bétonisation

Une consultation révèle un rejet massif de l'urbanisation

Selon une consultation menée par Nice-Matin, les habitants et usagers de la plaine du Var rejettent majoritairement l'urbanisation galopante du secteur. Plus de 400 personnes ont participé à cette enquête participative. Les résultats montrent que deux répondants sur trois estiment que la transformation du secteur ne va pas dans la bonne direction. Plus frappant encore, 78 % des personnes interrogées jugent les nouvelles constructions « trop denses » et « trop bétonnées ». Les Niçois et habitants des communes voisines dénoncent également une perte d'identité visuelle, puisque pour 70 % d'entre eux, l'architecture des nouveaux quartiers est « froide » et « manque d'âme ».

Des témoignages accablants

Les témoignages affluent en ce sens. Une représentante du comité de quartier Sainte-Marguerite-Corniche-Fleurie-La Plaine déclare : « La plaine du Var a été défigurée, on a créé un quartier qui peine à prendre vie, on a exproprié des propriétaires une misère pour revendre des appartements à prix d'or ! On a construit des tours sans harmonie. » Jean-François, participant à l'enquête, renchérit : « Du béton vendu à prix d'or, dans un environnement sans verdure. On a remplacé les cultures maraîchères par des immeubles. » Monique, usagère du secteur, s'indigne : « Des immeubles horribles, des tours là où l'on nous avait promis des immeubles à taille humaine. »

L'étiquette Écovallée remise en question

La dimension écologique de l'opération d'intérêt national est très largement remise en question. Plus de deux tiers des répondants considèrent que l'étiquette Écovallée n'est que du greenwashing, un simple argument de communication. L'imperméabilisation des sols inquiète : 78 % redoutent les risques naturels pour ce secteur, comme les inondations du Var ou la création d'îlots de chaleur. Plus de la moitié des personnes interrogées réclament désormais un moratoire, soit une pause immédiate de nouvelles constructions.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les souhaits des habitants : nature et agriculture

Face à l'accumulation de logements et de bureaux, que veulent vraiment les habitants ? S'ils avaient une baguette magique, la priorité pour près de la moitié serait de stopper la bétonisation pour sanctuariser les espaces naturels. La préservation stricte des terres agricoles pour le maraîchage est aussi le souhait principal d'une personne interrogée sur deux, devançant l'idée d'un immense parc paysager de type Central Park (un peu plus d'une personne sur trois). Sophie, résidente du secteur, lance un appel clair : « Replanter des arbres et de la végétation naturelle et laisser les terres agricoles nécessaires au marché local. » L'enjeu de la souveraineté alimentaire est crucial : 55 % des votants estiment qu'il faut attirer en priorité l'agriculture urbaine et maraîchère.

Mobilité et équipements : des attentes fortes

Malgré ce rejet du béton, le besoin de s'y loger et de s'y déplacer reste une réalité complexe. Parmi ceux qui reconnaissent un déficit, plus de la moitié des personnes soulignent le manque cruel de logements intermédiaires pour les classes moyennes. Par ailleurs, les infrastructures peinent à absorber cette nouvelle population. La circulation est jugée difficile avec des bouchons réguliers par 44 % des usagers. Côté solutions, les attentes sont partagées entre la création de nouveaux axes routiers et parkings (un répondant sur trois), le développement du tramway (un sur trois) et la création de pistes cyclables sécurisées (un sur quatre). Près de la moitié des répondants seraient prêts à abandonner leur voiture si les infrastructures alternatives s'amélioraient. Au-delà des logements, ce sont de véritables lieux d'échanges qui manquent à l'appel : les personnes interrogées pointent l'absence d'équipements culturels et de loisirs (une personne interrogée sur trois) ou d'écoles et de crèches (une sur quatre).

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

L'urgence sportive et éducative

L'aménagement de la plaine du Var est aujourd'hui à la croisée des chemins. Fabrice Pellerin, entraîneur principal et directeur sportif de l'Olympic Nice natation, indique dans un mail à la rédaction : « Les responsabilités sont immenses quant aux choix de projets qui habiteront les rares espaces disponibles dont la ville dispose encore pour bâtir et aménager. » Avant de rappeler : « Chacun verra midi à sa porte, mais je pense que l'urgence est sportive et éducative. Il faut aller jeter un œil sur Antibes, mais aussi Cannes et Saint-Raphaël, pour comprendre l'enjeu d'offrir à la population niçoise un véritable écrin de vie, d'éducation, d'apprentissage, de loisir, de haut niveau, mais aussi d'événementiel. »

Qui a répondu à l'enquête ?

Plus de 400 personnes ont répondu à l'enquête participative lancée par Nice-Matin sur l'aménagement de la plaine du Var. Cet enjeu dépasse largement les frontières du quartier. Si les résidents de Nice-Ouest sont les plus nombreux à s'être exprimés (43 %), la majorité des personnes interrogées n'habite pas sur place. Près d'un tiers vit ailleurs à Nice et près d'un quart réside dans une autre commune de la Métropole. Le débat oppose implicitement le cadre de vie des riverains aux besoins pratiques des usagers extérieurs. 40 % des répondants déclarent que leur lien principal avec le secteur est d'y passer régulièrement, que ce soit pour le transit, les achats ou les loisirs. Ils sont plus nombreux que les actifs et les étudiants. L'avenir de l'Écovallée semble se dessiner sans la jeunesse. Les moins de 25 ans sont quasi invisibles dans les retours, et la tranche des 25-34 ans ne pèse que 9 %. Les 50-64 ans arrivent largement en tête (35 %), talonnés par les 35-49 ans (32 %) et les retraités de 65 ans et plus (23 %).