Avec le retour des beaux jours, la lagune de Thau et la plaine de Villeveyrac – Montagnac entrent dans une période décisive pour les oiseaux. Migration, installation, reproduction… Jusqu’à l’été, les oiseaux sont particulièrement sensibles. Chaque printemps, le bassin de Thau devient un site privilégié pour de nombreuses espèces d’oiseaux. Dès avril, certaines reviennent de migration, d’autres s’installent pour nicher. Cette période marque le début d’un cycle décisif : celui de la reproduction. Entre lagune, lido, zones humides, plaines agricoles et garrigues, les habitats sont variés. Mais tous les oiseaux ont un besoin commun : la tranquillité. Un simple dérangement peut suffire à faire échouer une couvée.
Des nids vulnérables
Sur le site Natura 2000 de la lagune de Thau, plusieurs espèces protégées nichent directement au sol, dans le sable ou sur des zones très exposées. C’est le cas du Gravelot à collier interrompu, des sternes ou encore des avocettes. Invisibles ou presque, leurs nids sont particulièrement vulnérables au piétinement, aux chiens non tenus en laisse ou à une fréquentation trop proche.
La lagune de Thau, aire marine protégée
La lagune de Thau est une Aire Marine Protégée. Depuis près de 15 ans, ce site Natura 2000 bénéficie d’un plan d’action concerté, avec un objectif : préserver la biodiversité grâce à des suivis, de la sensibilisation, des projets écologiques ambitieux et un accompagnement permanent de tous les acteurs. Avec ses 7000 hectares, la lagune est la plus vaste d’Occitanie. Sa richesse écologique exceptionnelle et celle des zones humides avoisinantes lui ont permis d’intégrer le réseau Natura 2000 dès 2012, et de rejoindre celui des Aires Marines Protégées. Ce classement ouvre la voie à de nouvelles coopérations, en lien avec d’autres territoires, en France et à l’international. Concrètement, une Aire Marine Protégée vise à préserver la vie marine, maintenir les activités économiques comme la pêche, les cultures marines, les activités de loisirs, et permettre à chacun de découvrir un patrimoine naturel préservé.
La Crique de l’Angle, un site de choix pour les oiseaux, fait l’objet d’une étude ce printemps pour identifier et préserver les nichées de Gravelot avec l’aide de la commune de Balaruc-le-Vieux. Sur la plaine de Villeveyrac – Montagnac, le paysage change, mais les enjeux restent forts. Ici, les oiseaux occupent les milieux agricoles, les garrigues ou les villages. Le Faucon crécerellette, espèce emblématique du site, niche directement dans le bâti ancien. Le territoire accueille à lui seul près d’un quart de la population française.
Face à ces enjeux, le Syndicat mixte du bassin de Thau et ses partenaires agissent sur le terrain. Suivi des espèces, installation de balisages, protection des zones sensibles : plusieurs dispositifs sont déployés pour préserver les sites de reproduction en partenariat avec les communes. Sur les secteurs les plus sensibles, comme les tocs ou certains anciens salins, des bouées délimitent les zones à éviter, ou sur les plages de Sète ou la crique de l’Angle, des dispositifs de protection de nids peuvent être installés (cages, panneaux de sensibilisation).
Tout savoir sur les espèces
Sur la lagune de Thau, les oiseaux privilégient les milieux littoraux et humides : plages, dunes, tocs, anciens salins ou vasières. Ces espaces accueillent notamment le Gravelot à collier interrompu, une espèce parmi les plus menacées en France avec moins de 2 000 couples recensés. Son nid, une simple cuvette dans le sable, est quasiment invisible. Cette stratégie naturelle de camouflage devient un véritable handicap face à la fréquentation humaine.
D’autres espèces comme les sternes (caugek, naine ou pierregarin) ou les avocettes élégantes s’installent en colonies sur des zones calmes. Revenues d’Afrique pour se reproduire, elles dépendent fortement de la tranquillité des sites. Le moindre dérangement répété peut entraîner l’abandon des nids. Dans la plaine de Villeveyrac – Montagnac, les oiseaux trouvent refuge dans un autre type de paysage : cultures, friches, garrigues et villages. Le Faucon crécerellette, en particulier, cohabite avec les habitants en nichant sous les toitures. Sa présence fait de ce site Natura 2000 un territoire stratégique à l’échelle nationale. Pour tout savoir sur les oiseaux et la biodiversité du territoire de Thau, rendez-vous sur Thaunature.fr.
Agir avec des gestes simples
En complément, un outil accessible à tous permet de visualiser en temps réel les secteurs à enjeu : la “Météo des oiseaux”. Grâce à un code couleur, chacun peut adapter ses pratiques et éviter les zones où la nidification est en cours. Jusqu’à la fin de l’été, quelques gestes simples suffisent pour préserver ces équilibres fragiles : rester sur les sentiers, tenir son chien en laisse, respecter les balisages et observer à distance.



