Le gouvernement a publié, le 21 août 2026, la nouvelle liste des neuf espèces classées « nuisibles » pour la période 2026-2029. Ce texte, qui reconduit l'essentiel des dispositions précédentes, va même plus loin en élargissant les périodes de destruction et en assouplissant les modalités de tir. Les associations de protection de la faune sauvage dénoncent un « copier-coller en pire » de la réglementation antérieure.
Une liste identique, des mesures renforcées
La liste comprend toujours les mêmes neuf espèces : le renard, la fouine, la martre, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, l'étourneau sansonnet, le ragondin et le rat musqué. Aucune espèce n'a été retirée, aucune n'a été ajoutée. En revanche, les périodes de destruction autorisées ont été allongées dans plusieurs départements, et les conditions de tir rapproché ont été simplifiées, notamment en période de reproduction.
Selon le ministère de la Transition écologique, cette décision vise à « protéger les activités agricoles et la biodiversité » en régulant les populations de ces espèces. Mais les associations, comme la LPO ou l'ASPAS, rappellent que ces mesures sont « scientifiquement contestées » et qu'elles ne tiennent pas compte des études récentes sur le rôle écologique de ces animaux.
La colère des associations de protection animale
Dans un communiqué commun, plusieurs ONG dénoncent « une décision arbitraire, prise sans concertation réelle avec les scientifiques ». Elles soulignent que le renard, par exemple, est un prédateur naturel des campagnols, ce qui réduit l'usage de rodenticides. « En le classant nuisible, on encourage son élimination massive, au détriment de l'équilibre des écosystèmes », explique une porte-parole de l'ASPAS.
Les associations pointent également le manque de transparence : la liste a été publiée sans étude d'impact préalable, et sans avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN), pourtant consulté lors des précédentes éditions. « C'est un déni de démocratie environnementale », ajoute le communiqué.
Un impact direct sur la faune sauvage
Concrètement, cette liste permet aux chasseurs et aux piégeurs agréés d'abattre ces espèces toute l'année, ou presque, selon les départements. Les périodes de destruction sont allongées de plusieurs semaines par rapport à la précédente liste, ce qui pourrait entraîner une hausse significative des prélèvements. En 2025, plus de 1,2 million de ces animaux ont déjà été tués en France, selon les chiffres du ministère.
Les scientifiques alertent sur les conséquences pour la biodiversité : la disparition des prédateurs comme le renard ou la fouine peut entraîner une prolifération de leurs proies, avec des effets en cascade sur les cultures et la santé publique. « On régule sans comprendre les interactions complexes entre les espèces », regrette un écologue interrogé par Libération.
Les recours possibles
Les associations de protection animale ont annoncé leur intention de déposer un recours devant le Conseil d'État contre cette liste. Elles espèrent obtenir une suspension, comme ce fut le cas en 2023 pour une précédente version. En attendant, la liste est applicable depuis le 1er septembre 2026, et les premières campagnes de destruction ont déjà commencé dans plusieurs régions.
Le ministère, de son côté, assure que des « ajustements locaux » sont possibles et que les préfets pourront adapter les périodes en fonction des contextes. Mais pour les associations, il s'agit d'une simple clause de style : « Les préfets subissent des pressions des chasseurs et des agriculteurs, ils ne feront pas mieux que le gouvernement. »



