Sur le plateau de l'Aubrac, dans le Massif central, un champ couvert de narcisses est un bon indicateur d'une prairie riche en biodiversité. C'est ce que révèle une étude menée par des scientifiques de l'INRAE et du CNRS, publiée dans la revue Journal of Applied Ecology.
Une méthode simple pour évaluer la biodiversité
Les chercheurs ont analysé 50 prairies de l'Aubrac, allant des plus intensives aux plus extensives. Ils ont constaté que la présence de narcisses, et notamment du narcisse des poètes (Narcissus poeticus), était fortement corrélée à une diversité floristique élevée. « Lorsque le narcisse est abondant, la prairie abrite en moyenne 30 % d'espèces végétales en plus », explique le co-auteur de l'étude.
Un indicateur visuel pour les agriculteurs
Cette découverte offre un outil simple aux agriculteurs pour évaluer la qualité écologique de leurs prairies. « Il suffit de regarder si les narcisses sont présents en grand nombre au printemps. C'est un signal visuel fort qui ne nécessite pas d'analyse complexe », souligne un autre chercheur. Les prairies riches en biodiversité sont souvent des prairies permanentes, non labourées et peu fertilisées, qui jouent un rôle clé dans le stockage du carbone et la régulation de l'eau.
Un enjeu pour la conservation
L'Aubrac est un territoire d'élevage extensif, où les prairies naturelles sont menacées par l'intensification agricole et l'abandon des terres. « Les narcisses pourraient servir de sentinelles pour identifier les prairies à préserver en priorité », estime un écologue. L'étude propose ainsi d'intégrer cet indicateur dans les politiques de conservation et de soutien à l'agriculture durable.
Les scientifiques espèrent que cette méthode simple pourra être étendue à d'autres régions, en identifiant des espèces indicatrices locales. « Chaque territoire a ses propres espèces clés. L'important est de développer des outils accessibles à tous pour favoriser la biodiversité », conclut le co-auteur.



