Le gouvernement princier de Monaco a dévoilé le 14 juillet l'étude « Renaturer la Ville », une vision pour le paysage et la biodiversité de la Principauté élaborée par le cabinet Grant Associates. Ce document fixe les grands principes qui guideront progressivement les projets d'aménagement de Monaco, y compris pour les abords du Grand Prix de Formule 1.
Le Grand Prix, une contrainte assumée dans tout le projet
Dès l'introduction, le cabinet Grant Associates a posé le cadre : certaines zones ne pourront pas connaître de transformation physique permanente car elles sont nécessaires à l'organisation du Grand Prix. Pour ces sites, les concepteurs ont expliqué avoir imaginé des aménagements déplaçables, capables de libérer temporairement l'espace public le temps de la course. Loin d'ignorer l'événement le plus emblématique de la Principauté, l'étude consacre plusieurs pages aux pistes de réflexion pour faire cohabiter le Grand Prix avec un espace public plus vert, du vallon Sainte-Dévote jusqu'aux Jardins d'Ostende.
Autour de la place Sainte-Dévote, l'étude propose un nouvel accès piétonnier de plain-pied jusqu'au port Hercule, via le Monérond réaménagé en un ensemble de passages courbés. Dans cette zone directement concernée par le tracé du Grand Prix, les jardinières envisagées seraient temporaires et facilement démontables, et le marquage au sol pourrait remplacer certains aménagements en dur. Un espace serait également préservé au pied du vallon pour conserver la zone échappatoire du Grand Prix, tout en continuant à accueillir chaque année les festivités de la Sainte-Dévote. Sur la place elle-même, les concepteurs ont indiqué vouloir respecter les exigences spatiales et opérationnelles de la course, tout en améliorant le traitement paysager du carrefour.
Des tribunes envisagées dans le Glacis
C'est la piste la plus spectaculaire du document. Le long de l'avenue de la Porte-Neuve, l'étude évoque la création de gradins et de terrasses d'observation permanents, intégrés dans le bois du Glacis et accessibles depuis l'avenue et les sentiers existants. L'idée serait d'offrir aux piétons des vues sur le port Hercule et la Principauté toute l'année, tout en constituant un poste d'observation sécurisé pour le Grand Prix. Le document évoque aussi l'installation de gradins et d'une structure d'observation temporaires à la base du Glacis, à cheval sur l'avenue de la Quarantaine, avec la possibilité d'ériger des tribunes éphémères au-dessus de la voie pendant la course.
L'étude n'élude toutefois pas les tensions que fait naître l'événement sur cet espace naturel. Le Glacis est identifié comme la plus grande zone boisée encore présente à Monaco, mais aussi comme un site dont l'écologie est perturbée chaque année par son usage pour l'observation de la course.
Ostende et le vallon, sous contrainte du calendrier sportif
Aux Jardins d'Ostende, le grand écran installé pour le Grand Prix figure parmi les contraintes identifiées limitant la connexion entre les différents jardins. Plus bas, à l'approche du carrefour entre l'avenue d'Ostende et la rue Grimaldi, les auteurs de l'étude notent que les restrictions liées aux exigences de la course de Formule 1 pourraient rendre la zone inconfortable durant les mois d'été, faute de pouvoir y multiplier les solutions d'ombrage pérennes.
Pour rappel, il ne s'agit pas d'un projet définitif ni d'un calendrier de travaux, mais d'une vision d'ensemble destinée à orienter progressivement les futurs aménagements de la Principauté. Les pistes concernant les abords du Grand Prix s'inscrivent dans cette même logique, celle d'une direction à suivre plutôt que d'un plan gravé dans le marbre.



