Les missions des écogardes du parc de la Sainte-Baume
Missions des écogardes du parc de la Sainte-Baume

Les écogardes sillonnent le territoire du parc naturel régional de la Sainte-Baume pour sensibiliser et informer les promeneurs. En saison, l'équipe est renforcée pour faire face à l'augmentation de la fréquentation.

« Chaque année, on commence notre campagne de sensibilisation dès le mois d'avril », précise Claire Ceone, coordinatrice écogarde et garde régionale forestière au parc naturel régional de la Sainte-Baume. Au printemps, les patrouilles – composées des deux écogardes permanents et de quatre renforts – sont plutôt concentrées sur les sites les plus fréquentés, notamment les week-ends et jours fériés. Les visiteurs sont avisés de la réglementation et « on introduit aussi des informations sur les conditions d'accès aux massifs ». En prévision de l'été.

Dès le 1er juin, l'effectif total des écogardes passe à vingt grâce aux renforts du dispositif de la garde régionale forestière porté par la Région depuis 2018. « On les forme en interne à la fois sur la connaissance du parc et aux techniques d'approche du public. » À savoir notamment comment communiquer, comment désamorcer un éventuel conflit. Ils ont pour mission « d'aller vers le visiteur, de faire de la prévention sur le risque incendie, d'informer sur les interdictions ou sur les bons gestes pour préserver la forêt ». Et surtout sur les conditions d'accès aux massifs « très peu connues en dehors de la région et méconnues souvent par des locaux ». Dans ce domaine, des explications sont fournies sur « qui prend la décision, quels sont les facteurs de décisions »… Avec une particularité sur le territoire, ces décisions ne sont pas prises par un préfet mais deux. Le PNR est, en effet, à cheval sur le Var et les Bouches-du-Rhône.

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Des niveaux de connaissance

À ce travail de prévention s'ajoute celui de collecte d'informations. Les écogardes demandent aux visiteurs d'où ils viennent, si c'est leur première visite sur le site… « On observe le type d'activité qu'ils pratiquent. Par exemple, s'ils sont là pour une balade, une visite culturelle, un motif sportif… On distingue aussi les personnes en itinérance. C'est important pour nous parce que le bivouac en massif est compromis par rapport aux changements parfois soudains des niveaux de risque et par rapport à l'usage du réchaud. »

L'ensemble de ces données recueillies contribue à savoir pour quelles raisons les visiteurs viennent sur place, à quelle fréquence… « Nous avons également un petit indicateur qui nous permet d'évaluer la connaissance de chacun sur la réglementation. » Trois niveaux sont établis : une bonne connaissance, une connaissance moyenne et une méconnaissance. « Si la personne sait qu'il ne faut pas fumer, faire du feu et est au courant d'éventuelles interdictions d'accès aux massifs », sa connaissance est définie comme bonne. À l'opposé, « s'il fume et ne sait pas que les massifs peuvent être interdits d'accès », il a une totale méconnaissance des règles. Les bons élèves sont dans l'ensemble des initiés ou ont déjà rencontré « des écogardes sur d'autres territoires. On leur a tenu le même discours de prévention ».

31 000 personnes sensibilisées

La saison dernière – de juin à août 2025 – les écogardes ont sensibilisé 31 000 personnes sur quatorze sites en espace naturel et sur les marchés hebdomadaires de sept communes. « Nous avons proposé treize animations pour le jeune public dans les campings et centres de loisirs. » Et auprès des scouts. À titre de comparaison, 28 500 visiteurs ont été sensibilisés en 2024 et plus de 40 000 en 2021 avec l'effet post-confinement Covid. « En 2022, on est redescendu à 37 000 puis 29 000 en 2023. »

En regard, le nombre de jours de fermeture de massifs n'influe pas sur la fréquentation. Six ont été comptabilisés en 2024 contre dix-neuf l'année dernière. Claire Ceone a relevé une autre évolution entre ces deux dernières années : « On a noté une meilleure connaissance de la réglementation. La médiatisation des importants feux à Marseille et aux Pennes-Mirabeau y a contribué et nous a aidés à mieux faire comprendre aux gens l'importance du respect des règles. »

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Deux sites dans le détail

Dans les gorges du Caramy, les écogardes ont abordé 3 580 visiteurs. « 45 % connaissaient bien le risque incendie et sa réglementation ; 22 % avaient une connaissance approximative et 33 % une méconnaissance », souligne Claire Ceone. Sur le site de la grotte (18 530 personnes sensibilisées), le pourcentage de méconnaissance est plus élevé (43 %) et celui de connaissance approximative presque le même (28 %).

La typologie des visiteurs varie en fonction des secteurs du PNR. Certains sont fréquentés en grande majorité par les locaux. Sur le site de la grotte, le constat est tout autre. 54 % (des 18 530 personnes sensibilisées) découvraient pour la première fois les lieux. 36 % étaient déjà venus occasionnellement, « une à deux fois par an » et 10 % régulièrement. Quant à la provenance des visiteurs : 14 % sont du territoire du parc, 12 % du Var et 15 % des Bouches-du-Rhône. « 43 % viennent du reste de la France et 16 % de l'étranger. » Ces tendances sont à peu près les mêmes chaque année.