Florence Volaire, chercheuse en écologie à l'Inrae de Montpellier, alerte sur les conséquences de la loi Duplomb. Selon elle, cette proposition de loi, qui vise à assouplir les restrictions sur les pesticides de synthèse, représente une menace grave pour la biodiversité et la santé publique. « On va dans le mur », prévient-elle, dénonçant une politique qui favorise les intérêts de l'agrochimie au détriment du bien commun.
Une mobilisation croissante des scientifiques
La communauté scientifique s'est fortement mobilisée contre la loi Duplomb. Florence Volaire, membre du collectif « Scientifiques en rébellion », rappelle les actions menées : le Printemps silencieux en 2023 au Muséum d'Histoire Naturelle, la marche de Joseph Garrigue à travers la France, et le Printemps bruyant à Paris en avril 2024, qui a rassemblé 2 000 manifestants. « Les cas de cancers explosent, et les pesticides sont une des causes majeures », affirme-t-elle.
Un affaiblissement des institutions de protection
La chercheuse s'inquiète de l'affaiblissement programmé de l'Anses et de l'Office français de la biodiversité. « On commence à taper sur les institutions qui protègent notre environnement et notre santé », déplore-t-elle. Le CNRS, pour la première fois, a pris position contre la loi Duplomb, qualifiant l'innocuité de l'acétamipride de « mensonge ».
Les néonicotinoïdes en ligne de mire
Florence Volaire explique que les néonicotinoïdes, comme l'acétamipride, ont été interdits en raison de leur impact dévastateur sur les pollinisateurs. Des études internationales montrent leur présence dans l'atmosphère et leurs effets neurotoxiques. « L'argument du manque d'études est un mensonge », insiste-t-elle.
Une alternative agroécologique possible
La chercheuse rappelle qu'un rapport de l'Inrae de 2023 démontre qu'il est possible de sortir des pesticides de synthèse d'ici 2050 en Europe, tout en maintenant la souveraineté alimentaire. « Il faut aider les agriculteurs à adopter des pratiques agroécologiques, plutôt que de continuer à utiliser des produits toxiques », plaide-t-elle.
Une colère grandissante
La scientifique exprime sa colère face à la puissance des lobbies et à l'inaction politique. « Le cancer touche tout le monde, même les enfants. Il y a des clusters de cancers pédiatriques dans l'ouest de la France », alerte-t-elle. Elle appelle à une prise de conscience collective pour éviter une catastrophe écologique et sanitaire.



