L'hermine, mascotte olympique menacée dans les Alpes italiennes
Dans le parc national du Stelvio, en Italie, une hermine a été photographiée le 25 mars 2014. Pour l'écologue Marco Granata, cet animal est « un fantôme » – une expression qui prend tout son sens lorsqu'il craint que cette mascotte des Jeux olympiques de Milan-Cortina ne devienne « plus fantomatique encore ».
Un statut de conservation obsolète
Depuis quatre ans, ce chercheur de l'université de Turin se consacre à l'étude de l'hermine, tentant de la repérer au-delà de 1 600 mètres d'altitude. Il est aujourd'hui persuadé que le statut de conservation de l'animal, chassé pendant des siècles pour son pelage princier, n'est plus à jour.
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe l'hermine, depuis 2013 pour l'Italie, dans la catégorie « espèce de préoccupation mineure ». Marco Granata estime pourtant qu'elle mériterait d'être placée parmi les « espèces vulnérables », un changement qui refléterait mieux les pressions actuelles sur sa population.
L'impact des stations de ski sur l'habitat
Saisissant l'opportunité des Jeux olympiques, le chercheur a tenté d'obtenir un financement de la Fondation Milan-Cortina pour accélérer ses recherches. La réponse a été négative, ce qu'il regrette amèrement.
« S'il n'existe aucune preuve directe de l'impact des pistes de ski ou de leur construction sur ce petit prédateur difficile à observer, nous savons que les stations et pistes d'altitude retirent des zones d'habitat à l'hermine », explique-t-il. D'autres espèces comme le lagopède ou le lièvre variable, qui changent également de couleur en hiver, subissent les mêmes perturbations.
Ces aménagements réduisent progressivement les espaces où ces animaux peuvent vivre et se reproduire, créant une pression supplémentaire sur des populations déjà fragilisées par des siècles de chasse intensive.
Un appel à la vigilance
La situation de l'hermine dans les Alpes italiennes illustre un défi plus large : concilier développement touristique et préservation de la biodiversité en milieu montagnard. Alors que les Jeux olympiques approchent, Marco Granata espère que sa mascotte ne restera pas qu'un symbole, mais deviendra aussi un rappel de l'importance de protéger les espèces qui peuplent ces paysages emblématiques.
La recherche continue, avec ou sans financement dédié, pour mieux comprendre comment les activités humaines affectent ce « fantôme » des sommets alpins.



