Un remplacement toxique pour la biodiversité aquatique
Un herbicide classé comme cancérogène probable a été interdit en France, mais son remplacement par d’autres substances chimiques s’avère tout aussi dangereux pour la biodiversité aquatique, révèle une enquête de Libération publiée le 7 juillet 2026. Selon l’enquête, ces nouveaux produits présentent une toxicité aiguë pour les organismes aquatiques, avec des concentrations létales pour les poissons et les invertébrés jusqu’à 100 fois inférieures aux seuils réglementaires.
Les faits : un herbicide interdit, des alternatives nocives
L’herbicide en question, le S-métolachlore, a été interdit par l’Union européenne en 2023 en raison de ses propriétés cancérogènes. Cependant, les alternatives autorisées, comme le diméthénamide-P et le pétboxamide, se révèlent extrêmement toxiques pour la faune aquatique. L’enquête de Libération s’appuie sur des données de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et des études scientifiques.
Impact sur les écosystèmes aquatiques
Les tests en laboratoire montrent que ces substances perturbent la reproduction des poissons et des amphibiens, et réduisent la diversité des macro-invertébrés dans les cours d’eau. « Nous assistons à une substitution dangereuse où l’on remplace un poison par un autre, sans considération pour les écosystèmes », déclare un expert en écotoxicologie cité par Libération. Selon l’enquête, 60 % des échantillons d’eau prélevés dans des zones agricoles contiennent des résidus de ces herbicides alternatifs.
Des lacunes dans la réglementation
L’enquête pointe du doigt les failles du système d’évaluation des pesticides en France. Les critères actuels ne prennent pas suffisamment en compte les effets à long terme sur la biodiversité. L’Anses reconnaît que les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer pleinement les risques. « Il y a un décalage entre les normes réglementaires et la réalité écologique », souligne un rapport de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) cité dans l’article.
Des conséquences pour la santé humaine
Au-delà de la biodiversité, ces substances pourraient également affecter la santé humaine via la contamination de l’eau potable. Des études préliminaires indiquent un lien potentiel avec des perturbations endocriniennes. Les associations de consommateurs réclament un renforcement des contrôles et une révision des autorisations de mise sur le marché.
Vers une solution durable ?
Face à ce constat, des agriculteurs et des chercheurs plaident pour des alternatives non chimiques, comme le désherbage mécanique ou la rotation des cultures. Cependant, leur adoption reste limitée par des coûts plus élevés et un manque de soutien politique. L’enquête conclut que sans une réforme en profondeur de la réglementation, le cycle de substitution toxique pourrait se poursuivre.



