Un sauvetage inattendu au cœur des inondations
Le samedi 14 février 2026, alors que la Charente montait dangereusement à Cognac, un événement insolite s'est produit dans le parc François-Ier. Jean-Louis Giroux, photographe passionné de nature et membre de l'association des Amis du parc François-Ier, a porté assistance à cinq chevreuils piégés par les eaux. Ce matin-là, le fleuve n'avait pas encore submergé l'allée de La Courtine et l'allée basse du Parc, mais la situation était déjà critique.
Une rencontre fortuite à l'aube
Comme chaque samedi, Jean-Louis Giroux se promenait tôt dans le parc. En s'approchant de l'entrée de la base de plein air André-Mermet, partiellement inondée, il a aperçu « des petites têtes au loin, dans l'eau et le courant ». À travers son téléobjectif, il a identifié cinq chevreuils cherchant désespérément un passage. « Ils donnaient des coups de museau dans le grillage », raconte-t-il. Effrayés par le bruit de l'obturateur, les animaux sont d'abord repartis au triple galop avant de revenir vers lui.
Une communication silencieuse et insistante
Le photographe décrit un moment de communication inhabituel : « Ils m'ont regardé avec insistance et m'ont suivi lors de mes déplacements dans l'allée, le long du grillage. Je m'arrêtais, ils s'arrêtaient. Je prenais deux ou trois photos, je repartais, ils me suivaient ! J'ai compris qu'ils demandaient de l'aide. Ils semblaient éreintés, exténués. » Selon lui, ces cervidés avaient probablement passé toute la nuit dans l'eau à chercher une issue, bien que les chevreuils sachent naturellement nager.
La recherche d'une issue salvatrice
Jean-Louis Giroux a d'abord tenté le portail de la base de plein air, mais les barreaux de la grille étaient trop rapprochés. Il a alors parcouru l'allée vers le restaurant La Courtine jusqu'à découvrir une brèche dans le bas du grillage, après les jeux et le minigolf. « J'ai soulevé, je me suis écarté et ils sont aussitôt passés. Ils ont pris un peu de temps pour se regrouper de l'autre côté. Puis ils sont venus en file indienne, à moins de cinq mètres de moi, et sont partis sans se hâter. »
Mystère sur l'origine des animaux
Le photographe ignore comment ces chevreuils se sont retrouvés prisonniers. Étaient-ils entrés en nageant au-dessus de la clôture immergée près des berges ? Avaient-ils trouvé un passage recouvert par la montée des eaux ? Le groupe comprenait un mâle ayant récemment perdu le velours de ses bois, deux jeunes femelles et deux petits de l'année. « Selon moi, ils viennent d'ailleurs, peut-être du bois du Portail sur l'autre rive. Ces individus ne semblaient pas connaître l'endroit », précise Jean-Louis Giroux, qui n'avait jamais observé ce mâle parmi les huit à dix chevreuils habituels du parc.
Un sauvetage partagé et commenté
Le récit et les images de ce « sauvetage » ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux. Francis Bardaux, président de l'association des Amis du parc François-Ier, s'interroge sur ce qui serait arrivé si les animaux avaient été bloqués quelques heures plus tard, lorsque l'eau a recouvert les allées basses du parc le dimanche. Pour lui, ces chevreuils ne seraient pas forcément des « étrangers » mais des bêtes « désorientées » ne reconnaissant plus leur environnement habituel, comme en témoigne une vidéo postée jeudi sur Facebook montrant un chevreuil perdu nageant place du Solençon inondée à Cognac.
Aujourd'hui, la partie basse du parc François-Ier est entièrement inondée, rendant la clôture de la base de plein air inaccessible. Cette histoire touchante illustre les conséquences des inondations sur la faune locale et l'importance de la vigilance citoyenne en période de crise environnementale.



