Selon une étude de Santé publique France publiée le 24 juin 2026, huit adultes sur dix (80 %) sont contaminés au chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. Ce pesticide, utilisé massivement dans les bananeraies des Antilles françaises entre 1972 et 1993, persiste dans les sols et contamine les aliments.
Une contamination généralisée
L'étude a mesuré les taux de chlordécone dans le sang de plus de 2 000 adultes âgés de 18 à 74 ans. Les résultats montrent que 80 % des participants présentent des traces du pesticide, avec des niveaux plus élevés chez les consommateurs de produits locaux, notamment les poissons d'eau douce, les crustacés, les œufs et les légumes racines.
Des disparités géographiques
La contamination est plus marquée en Martinique, où 85 % des adultes sont touchés, contre 75 % en Guadeloupe. Les zones rurales et les communes proches des anciennes bananeraies sont les plus exposées. Les populations les plus vulnérables sont les agriculteurs, les pêcheurs et les personnes âgées.
Des risques sanitaires avérés
Le chlordécone est classé comme cancérogène probable par l'OMS. Il est également associé à des troubles neurologiques, hépatiques et reproductifs. Les autorités sanitaires recommandent de limiter la consommation de produits locaux contaminés et de diversifier son alimentation.
Les recommandations de Santé publique France
L'agence préconise de renforcer la surveillance des sols et des aliments, d'informer la population sur les risques et d'encourager les pratiques agricoles alternatives. Un plan d'action national est en cours pour réduire l'exposition au chlordécone, mais les associations locales jugent les mesures insuffisantes.
Selon le Dr. Jean-Marc Sylvain, épidémiologiste à Santé publique France : "Cette étude confirme l'ampleur de la contamination et la nécessité d'agir rapidement pour protéger la santé des populations antillaises."



