Les animaux domestiques, nouveaux acteurs de la dispersion des vers plats invasifs
La manière dont les vers plats, ou plathelminthes, ont initialement pénétré le territoire français était déjà documentée. Ces créatures, classées comme espèces invasives, voyagent clandestinement depuis l'étranger, dissimulées sous les pots ou dans le terreau des plantes exotiques importées. Elles trouvent ensuite refuge dans les jardineries et pépinières, où elles prolifèrent à l'abri des conditions climatiques extrêmes, avant d'être involontairement transplantées dans les jardins particuliers.
Un mystère résolu par la science participative
Pourtant, une énigme persistait : une fois libérés dans ces espaces verts, comment ces organismes, connus pour leur déplacement très lent, réussissent-ils à coloniser les environs ? Une étude publiée mardi 10 février dans la revue PeerJ apporte un éclairage crucial sur ce phénomène. Elle démontre que les chats et les chiens jouent un rôle significatif dans la dissémination d'au moins une espèce envahissante de ver plat.
Sur les dix espèces recensées en France, dont Obama nungara, la plus répandue, cette découverte souligne l'impact insoupçonné des animaux de compagnie. Les espèces invasives représentent l'une des principales menaces pour la biodiversité, rendant cette avancée d'autant plus pertinente.
Le rôle clé du programme de sciences participatives
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs se sont appuyés sur les données du programme de sciences participatives sur les vers plats, lancé en France en 2013. Cette initiative constitue la plus vaste base de données mondiale sur le sujet. En 2025, son créateur, le parasitologue et zoologiste Jean-Lou Justine, a reçu deux signalements évoquant des vers collés à des chats et des chiens.
« Ça a allumé une petite lumière et je me suis dit que j'allais regarder s'il y en avait eu d'autres », explique ce professeur émérite au Muséum national d'histoire naturelle, principal auteur de l'étude. Cette intuition a permis de mettre en lumière un mécanisme de propagation jusqu'alors méconnu, renforçant l'importance de la surveillance continue et de la recherche collaborative dans la lutte contre les invasions biologiques.