Ce samedi, plus de 4 000 manifestants ont formé une chaîne humaine longue de 7 kilomètres entre les communes de Saint-Médard-en-Jalles et de Martignas-sur-Jalle, en Gironde, pour s'opposer au projet de ligne à grande vitesse (LGV) Sud-Ouest. L'action, organisée par le collectif « Non à la LGV » et soutenue par plusieurs associations environnementales, visait à dénoncer les conséquences écologiques et sociales du chantier.
Un projet contesté depuis des années
Le projet de LGV reliant Bordeaux à Toulouse et à la frontière espagnole est dans les cartons depuis 2016. Il prévoit la construction de 230 km de nouvelles voies ferroviaires, dont 180 km en Nouvelle-Aquitaine. Selon les opposants, ce chantier entraînerait la destruction de 2 000 hectares de terres agricoles et de zones naturelles, dont des zones humides protégées. « Ce projet est une aberration écologique, il sacrifie des écosystèmes entiers pour gagner quelques minutes sur un trajet », a déclaré Marie Dupont, porte-parole du collectif, citée par France Bleu.
Une mobilisation en hausse
La chaîne humaine de ce week-end a rassemblé bien plus de participants que les précédentes actions, qui comptaient quelques centaines de personnes. Les organisateurs estiment que la mobilisation monte en puissance, à l'approche des premières expropriations prévues pour 2025. « Nous ne laisserons pas faire, nous sommes déterminés à bloquer ce projet par tous les moyens légaux et pacifiques », a ajouté Dupont.
Les arguments des partisans du projet
Les défenseurs de la LGV, notamment la région Nouvelle-Aquitaine et SNCF Réseau, mettent en avant les bénéfices économiques et la réduction des émissions de CO2 grâce au transfert modal de l'avion et de la voiture vers le train. Selon une étude commandée par SNCF, la ligne permettrait d'éviter 150 000 tonnes de CO2 par an. Cependant, les opposants contestent ces chiffres, arguant que la construction elle-même émettra des quantités massives de gaz à effet de serre.
Un recours juridique en cours
Plusieurs associations ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux pour contester la déclaration d'utilité publique du projet. L'audience est prévue pour septembre 2024. En attendant, les manifestants promettent de multiplier les actions de terrain, comme des occupations de parcelles ou des blocages de chantiers. « Nous allons tout faire pour que ce projet soit abandonné, comme cela a été le cas pour d'autres grands travaux inutiles en France », a conclu la porte-parole.



