Bassin d'Arcachon : 84% des naissains d'huîtres décimés par mortalités et tempêtes
84% des naissains d'huîtres décimés à Arcachon

L'automne et l'hiver ont été particulièrement dévastateurs pour les naissains d'huîtres nés durant l'été 2025 dans le bassin d'Arcachon. Selon le dernier rapport du Centre pour l'aquaculture, la pêche et l'environnement de Nouvelle-Aquitaine (Capena), 84% d'entre eux ont été éradiqués. Les causes sont multiples : des mortalités extrêmement virulentes et des tempêtes d'une intensité telle qu'elles ont décroché les jeunes huîtres des collecteurs.

Un captage prometteur anéanti

Il fut un temps où le bassin d'Arcachon était le centre naisseur des huîtres françaises. Ce n'est plus le cas. Depuis quelques années, les naissains nés pendant l'été sont décimés durant l'automne et l'hiver. L'été 2025 avait pourtant été prometteur avec deux pontes massives. La première, fin juin, a produit 1 854 920 larves au stade petites pour 1,5 m³ d'eau. La seconde a eu lieu mi-juillet. L'eau chaude, avec 23 °C en juin (trois degrés de plus que la moyenne 2010-2024), a favorisé la survie des larves.

Le Capena notait dans son rapport d'après-été que les quantités totales de larves au stade grosses étaient significativement plus importantes que la médiane de référence : 5,3 fois plus sur le secteur ouest et 16,8 fois plus sur le secteur est. L'année 2026 est même la quatrième la plus importante depuis 2008 en quantité de larves au stade grosse. Mais ce captage abondant a été anéanti par les mortalités.

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Des mortalités dès l'automne

Dès l'automne, les mortalités ont durement frappé. En octobre, le Capena rapportait un taux de perte de naissains sur collecteur de 44% sur l'ensemble du bassin, avec des pointes à 65% dans la zone sud-est. En décembre, le comité régional conchylicole Arcachon Aquitaine (CRCAA) constatait une mortalité massive et brutale des huîtres à partir de la mi-septembre, touchant toutes les classes d'âge : jusqu'à 100% des huîtres d'un an dans certains lots, entre 30 et 62% des huîtres de 30 mois, et entre 13 et 30% des marchandes. Le CRCAA concluait qu'il était urgent de comprendre les causes.

Les tempêtes hivernales aggravent la situation

Les mois suivants n'ont rien arrangé. Les pertes de naissains ont progressé pour atteindre 66% en moyenne après l'hiver, contre 40% en octobre. La moitié de ces disparitions est due à des mortalités, plus importantes dans la zone centrale nord (65%) que dans la zone externe sud-ouest (25%). L'autre moitié est liée au décrochage des individus fixés, causé par les nombreuses tempêtes hivernales entre fin octobre 2025 et mars 2026.

Ainsi, malgré les pontes importantes, la densité moyenne de naissains restants après l'hiver n'est que de 78 huîtres par coupelle, soit 16% des 504 huîtres par coupelle dénombrées en octobre 2025.

Des prélèvements en cours

Olivier Laban, président du CRCAA, tempère : « Il reste tout de même 80 huîtres par coupelle environ. Il y avait un énorme captage et malgré les mortalités et les tempêtes, ça peut sauver les producteurs. » Cependant, une nouvelle vague de mortalité a été constatée sur les huîtres de première année. Des prélèvements ont été effectués pour analyse. « On note un gradient nord-sud pour ces mortalités. Elles meurent moins en Normandie. La température de l'eau doit jouer », explique-t-il.

Depuis deux mois, une efflorescence dans le bassin apporte beaucoup de nourriture aux huîtres. Mais quand elles mangent, elles poussent beaucoup, puis s'affaiblissent et meurent. « Pour des ostréiculteurs comme moi, ça va, on en a vu d'autres. Mais pour des jeunes qui n'ont pas de trésorerie, c'est compliqué, d'autant plus que ça s'ajoute aux autres crises : les tempêtes, la fermeture administrative », conclut Olivier Laban.

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