L'UE interdit le terme 'steak végétal' mais sauvegarde les 'burgers veggies'
UE: 'steak végétal' interdit, 'burgers veggies' autorisés

L'Union européenne scelle un compromis sur les dénominations des alternatives végétales

Un accord historique a été conclu jeudi entre les eurodéputés et les États membres de l'Union européenne concernant la dénomination des produits végétariens imitant la viande. Ce compromis, fruit de négociations intenses, établit une distinction claire entre les appellations réservées aux produits carnés et celles autorisées pour les alternatives végétales.

Une interdiction ciblée pour protéger les éleveurs

La mesure phare de cet accord interdit définitivement l'utilisation des termes « steak », « bacon » et « foie » pour désigner des produits végétariens. Cette décision répond aux pressions exercées par les élus de droite et la filière viande, qui défendaient une protection accrue des éleveurs face à la concurrence des alternatives végétales.

En revanche, les dénominations « burger » et « saucisse » végétariennes pourront être maintenues, préservant ainsi des appellations devenues familières pour les consommateurs. Ce compromis doit encore être soumis à un vote formel du Parlement européen et des Vingt-Sept avant son entrée en vigueur.

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Des réactions contrastées parmi les parties prenantes

L'eurodéputée française de droite Céline Imart, à l'origine de la proposition initiale, a salué cet accord comme « un premier pas » significatif. Elle met particulièrement en avant « l'interdiction d'utiliser l'appellation viande pour tout produit de laboratoire ou tout produit cellulaire », qu'elle qualifie d'« avancée décisive pour nos agriculteurs ».

À l'opposé, l'écologiste néerlandaise Anna Strolenberg a exprimé des réserves, regrettant la création d'une « liste noire » pour certaines dénominations tout en se félicitant d'avoir sauvé le « veggie burger ».

Les associations de consommateurs ont quant à elles vivement critiqué le compromis. Le Bureau européen des unions de consommateurs a déclaré : « Les consommateurs veulent manger plus sainement. Les nouvelles règles ne feront qu'accroître la confusion et sont tout simplement inutiles ».

Un contexte politique et économique en évolution

Ce débat s'inscrit dans un paysage politique européen transformé par les élections de juin 2024, qui ont renforcé la droite et l'extrême droite au Parlement de Strasbourg. Ces groupes politiques revendiquent désormais une proximité accrue avec le monde agricole, expliquant en partie le revirement par rapport au rejet d'un texte similaire en 2020.

L'Allemagne, plus vaste marché européen pour les alternatives végétales, a joué un rôle crucial dans les négociations. Les supermarchés Lidl et Aldi avaient publiquement appelé à éviter d'interdire des termes devenus « familiers » pour les consommateurs allemands.

La France entre réglementation nationale et jurisprudence européenne

En France, un décret visant à interdire ce type d'appellations avait été adopté en 2024 pour apaiser la colère des agriculteurs. Cependant, cette mesure a été annulée par le Conseil d'État fin janvier 2025, suite à une décision préalable de la Cour de justice de l'Union européenne.

L'essor des alternatives végétales en question

Les produits végétariens imitant la viande connaissent un développement spectaculaire depuis plusieurs années, portés par :

  • Le souci croissant des consommateurs pour une alimentation plus saine
  • La volonté de protéger les animaux
  • La préoccupation environnementale, les élevages traditionnels étant d'importants émetteurs de CO2

La filière viande reprochait à ces alternatives de « brouiller les repères et d'affaiblir la reconnaissance d'un produit brut et 100% naturel » en « s'appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing ».

Ce compromis européen représente donc un équilibre fragile entre la protection des éleveurs traditionnels et la reconnaissance d'un marché en pleine expansion, tout en reflétant les évolutions politiques récentes au sein des institutions européennes.

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