Carlo Petrini, fondateur de Slow Food, prône l'alimentation locale à Monaco
Le fondateur du mouvement Slow Food, Carlo Petrini, a animé une conférence au lycée technique Rainier-III à Monaco, mercredi 18 mars. Âgé de 76 ans, cet Italien a échangé en français avec une cinquantaine d'élèves, partageant sa vision d'une consommation alimentaire plus responsable et durable.
Les origines du mouvement Slow Food
Carlo Petrini a rappelé la genèse de Slow Food, créé dans les années 1980 en réaction à l'ouverture d'un McDonald's à Rome. « En 1983, McDonald's voulait ouvrir un restaurant à Rome, retrace-t-il. Cette nouvelle avait fait réagir beaucoup de monde à l'époque. Nous avons voulu répondre en créant cette association qui promeut une autre manière de consommer. » Depuis, le mouvement s'est internationalisé, comptant des membres dans plus de 160 pays et organisant la biennale Terra Madre depuis 2004, un événement rassemblant des communautés d'agriculteurs, de pêcheurs et d'éleveurs pour défendre la production locale.
Un message aux jeunes générations
Lors de sa conférence, Carlo Petrini a insisté sur l'importance de la sensibilisation des jeunes. « Vous êtes la première génération qui doit prendre conscience que les ressources de la planète ont des limites. » Il a souligné le rôle crucial de la diffusion des connaissances : « Le plus important, c'est de diffuser les connaissances. Nous n'avons pas la force d'une multinationale mais nous sommes nombreux à militer dans chaque pays. »
Conseils pour une alimentation saine
Interrogé sur les moyens de mieux se nourrir, Carlo Petrini a défendu une philosophie simple : privilégier le local. « Si c'est possible, il faut aider les producteurs du territoire qui ont décidé de travailler la terre. Ils ont besoin d'être soutenus. » Il recommande de fréquenter les marchés locaux, même si les prix peuvent être plus élevés. « Il faut leur donner de la force, c'est très important. Peut-être qu'ils sont plus chers, mais il vaut mieux dépenser un peu plus et être en bonne santé non ? »
Au-delà du bio : une approche critique
Carlo Petrini adopte une position nuancée sur le bio, mettant en garde contre les arguments marketing. « La plupart du temps, je mange bio mais certains s'en servent comme prétexte pour vendre alors que ce n'est pas le cas. Il faut se renseigner sur la production. » Il encourage les consommateurs à approfondir leurs connaissances sur les méthodes de production pour faire des choix éclairés.
Préserver la biodiversité locale
Pour mieux consommer, Carlo Petrini incite à valoriser la richesse des produits locaux. « Il faut changer le rapport qu'on a avec la nourriture. Si vous allez à un marché, il est facile de se renseigner auprès d'un paysan. Dans la région, on a la chance d'avoir une grande variété de produits. Des agrumes, des légumes… Nous devons veiller à leur sauvegarde pour donner la possibilité aux futures générations d'avoir le même patrimoine que nous avons aujourd'hui. » Cette approche vise à contrer la standardisation alimentaire et à promouvoir une économie circulaire.
En somme, la conférence de Carlo Petrini à Monaco a mis en lumière l'urgence d'adopter des pratiques alimentaires plus durables, en soutenant les acteurs locaux et en préservant la biodiversité, pour assurer un avenir sain aux générations futures.



