À Montpellier, la révolution alimentaire gagne du terrain
Révolution alimentaire à Montpellier

Manger plus éthique, sain et moins cher : de plus en plus de Montpelliérains font la révolution dans leur assiette et prennent leur alimentation en main. Entre les groupements d'achat, épiceries solidaires ou caisse alimentaire commune, une pléthore d'initiatives germe depuis le Covid pour se réapproprier son alimentation. Une tendance de fond qui gagne du terrain aux quatre coins de Montpellier.

Des initiatives multiples

Les initiatives autour de l'alimentation se multiplient à Montpellier. Caisse alimentaire commune, groupements d'achats, Maison de l'alimentation, épiceries et cantines solidaires, cuisines de quartier… Ces propositions séduisent tant les bobos, prolos, actifs, chômeurs, que les étudiants ou retraités. Tous partagent la volonté d'agir pour se réapproprier leur assiette et ce qu'ils mettent dedans. Ils sont ainsi des centaines, peut-être des milliers, à ne plus avoir mis un pied en grande surface. Ils rejettent ce modèle qu'ils jugent opaque, injuste pour les producteurs et contraire à leurs valeurs. Utopistes ? Sans doute, oui, mais ils n'hésitent pas à se retrousser les manches pour proposer des solutions alternatives.

Faire ensemble et créer du lien

À ce titre le supermarché coopératif La Cagette, à Clemenceau, fait figure de précurseur. Deux autres projets similaires sont en gestation au nord (Le Cabas) et au sud de la ville. Ravis de voir leur modèle coopératif faire des petits, ses adhérents font profiter les autres porteurs de projets de leur expérience. Outre le fonctionnement pratique de la coopérative, ils partagent leur mode de gouvernance, clé de leur succès. "On essaie de prendre des décisions de la manière la plus horizontale possible avec le consentement de chacun. On fonctionne sur le principe de la redevabilité : je participe si je fais, je prends la parole si je participe. On peut ne pas être d'accord mais ce n'est pas un argument", explique Charles Godron, en charge de la communication. Les responsables des 30 comités se réunissent en table ronde une fois par semaine. Le vote n'est obligatoire qu'en AG, pas dans les comités. "Cela demande de l'énergie mais c'est sympa à mettre en œuvre. C'est un projet qui fait du bien."

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Des produits sains et de qualité

Autre point fondamental, partagé par les autres porteurs de projets : la question de la qualité. "Aujourd'hui le système agro-alimentaire est dommageable pour la santé et l'environnement. À Vrac et Cocinas, on privilégie les grossistes engagés pour la bio. On se fournit en fruits et légumes en circuit court avec des producteurs en Espagne et des maraîchers de la Métropole."

Un juste revenu pour les producteurs

Troisième point crucial : l'équité pour les producteurs. Ce sont eux qui fixent leur "juste prix". "Le fonctionnement de la grande distribution est opaque, ils prennent de grosses marges sur le bio. Nous on veut que tout le monde puisse accéder à une alimentation de qualité", insiste Charles Godron de la Cagette. Hormis une petite aide de la Région pour le système informatique, la coopérative fonctionne sans aides des collectivités. Ce qui n'est pas le cas des autres initiatives.

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