Un robot électrique révolutionne les vignes du Gard face à la pénurie de main-d'œuvre
Robot électrique autonome Bakus transforme les vignes du Gard

Un robot électrique révolutionne les vignes du Gard face à la pénurie de main-d'œuvre

Depuis le début du mois d'avril, dans la plaine de Pujaut, une machine d'un genre nouveau arpente les vignes de Christophe Novara. Ce viticulteur bio utilise Bakus, un enjambeur électrique autonome développé par la société française Vitibot, basée à Reims. Ce robot 100 % électrique offre une autonomie de dix heures et permet de réaliser tous les travaux interceps : désherbage, tonte, relevage des feuilles, etc.

Un investissement motivé par la pénurie de main-d'œuvre

Christophe Novara a investi dans Bakus en raison de son attrait pour les nouvelles technologies, mais surtout face à la pénurie de tractoristes qualifiés. « Il y a de moins en moins de tractoristes qualifiés et les travaux du sol sont lents et pénibles », explique-t-il. Le robot permet de répondre aux exigences d'un travail des sols sans herbicide, grâce à un porte-outil sur lequel peuvent être ajoutés divers outils comme des doigts Kress ou des disques émotteurs.

200 robots déjà en service en France et à l'étranger

En janvier dernier, la Revue du vin de France a remis son prix de l'innovation à VitiBot et à son enjambeur Bakus, considéré comme l'un des plus beaux succès de la robotique viticole française. Aujourd'hui, environ 200 robots évoluent dans 150 domaines en France et à l'étranger, couvrant 5 000 hectares. Certains dépassent les 1 000 heures de travail annuel en totale autonomie, contre 500 heures en moyenne pour un tractoriste.

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Un coût horaire réduit et une moindre pénibilité

Le coût de Bakus avoisine les 220 000 €. Christophe Novara a pu l'acquérir grâce au programme France 2030 et à la MSA pour la prévention des troubles musculo-squelettiques. « En tracteur, on ne cesse pas de se retourner, ce qui provoque des maux aux cervicales et de dos », souligne-t-il. Il ajoute : « C'est un gros investissement, mais il n'y a pas photo sur le coût horaire puisqu'on enlève le coût du gasoil et le salaire du tractoriste. »

Vers une gestion collective de la robotique viticole

Avant l'utilisation, un mapping point par point a été réalisé sur les 33 hectares de parcelles de Christophe Novara pour permettre au robot de connaître chaque recoin. Le viticulteur envisage déjà une mutualisation de cette technologie au sein du Cellier des Chartreux, qu'il préside, regroupant 83 viticulteurs sur 850 hectares. « Nous sommes sur une grande plaine où toutes les parcelles sont contiguës, ce qui permettrait au robot de travailler sur de très belles unités culturales », assure-t-il. Il imagine investir dans de nouvelles machines autonomes, comme un chenillard interligne, à l'échelle d'une Cuma.

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