Menton: producteurs artisans invités aux côtés des grands chefs à Saint-Tropez
Producteurs mentonnais aux côtés des grands chefs à Saint-Tropez

La gastronomie mentonnaise a fait rayonner son savoir-faire jusque dans le Var. La sixième édition des « Chefs à Saint-Tropez », organisée début mai sur la place des Lices, a réuni quelques-unes des plus grandes figures de la cuisine française et internationale, de Mercotte à Philippe Etchebest, en passant par Arnaud Donckele, Éric Frechon ou encore Glenn Viel. Mais derrière les chefs, ce sont surtout les producteurs qui étaient mis à l’honneur.

Parmi les 150 artisans invités à présenter leurs spécialités devant des dizaines de milliers de visiteurs, Menton occupait une place de choix. Avec Mauro Colagreco comme parrain de cette édition, la ville était également représentée par la Maison Herbin, l’Huilerie Saint-Michel et la Coopérative du citron de Menton. Trois maisons venues défendre un terroir et un savoir-faire qui séduisent bien au-delà des frontières azuréennes.

Maison Herbin, l’authenticité en vitrine

Pour la Maison Herbin, spécialiste des confitures artisanales depuis 1974, il s’agissait d’une première participation à Saint-Tropez. Une invitation vécue comme une reconnaissance. « C’est une grande fierté, car il existe un vrai comité de sélection. Pouvoir représenter Menton et faire découvrir notre savoir-faire à un public international est très enrichissant », confie Gabrielle Bineau, à la tête de l’entreprise familiale.

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Sur le stand, une vingtaine de confitures d’agrumes étaient proposées à la dégustation, parmi lesquelles les créations récemment médaillées au Salon de l’agriculture, comme la confiture d’orange amère ou celle à la framboise. Au-delà des produits, c’est surtout l’image d’un artisanat fidèle à ses racines qui a marqué les visiteurs. « Les gens recherchent aujourd’hui des produits authentiques et du fait main. À Menton, notre laboratoire est visible depuis la boutique, les clients voient nos chaudrons en cuivre et notre manière de travailler presque comme à la maison », souligne Gabrielle Bineau.

Des visiteurs venus du monde entier — Américains, Japonais ou encore Croates — se sont arrêtés sur le stand mentonnais, séduits par ce mélange de tradition et de savoir-faire local.

Karim Djekkar, ambassadeur du citron de Menton

Habitué de l’événement, Karim Djekkar participait cette année à la fois comme dirigeant de l’Huilerie Saint-Michel et président de la Coopérative du citron de Menton. C’est d’ailleurs lui qui a encouragé les organisateurs à inviter davantage de producteurs mentonnais. « Cet événement est unique parce qu’il met réellement les producteurs au centre. Ici, ce sont les chefs qui invitent leurs producteurs et valorisent le travail de la terre et les circuits courts », explique-t-il.

Sur place, la coopérative représentait les 103 producteurs adhérents et l’un des emblèmes du territoire : le citron de Menton. Un produit dont la notoriété dépasse désormais largement la Côte d’Azur. « Nous avons vendu près de 80 % de nos produits dès le premier jour. Aujourd’hui, le vrai luxe dans la gastronomie, c’est l’authenticité », estime Karim Djekkar.

Pour l’Huilerie Saint-Michel, dont les huiles d’olive sont déjà présentes sur les tables de nombreux établissements étoilés à travers le monde, cette participation s’inscrit dans une stratégie plus large : faire rayonner encore davantage les produits mentonnais en France comme à l’international. Salons, marchés, Fête du citron ou événements gastronomiques : chaque rendez-vous devient une vitrine du terroir local.

Mauro Colagreco, le chef qui remet les producteurs au centre

Figure incontournable de la gastronomie mondiale et chef du restaurant Mirazur à Menton, Mauro Colagreco était le parrain de cette édition 2026. Une fonction qu’il a acceptée avec enthousiasme. « Être associé à un événement qui place les producteurs au centre a beaucoup de sens pour moi. On parle souvent des chefs, mais sans les producteurs, il n’y a ni cuisine, ni émotion, ni transmission », rappelle-t-il.

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À ses côtés, Mitron Bakery, sa boulangerie artisanale, tenait également un stand parmi les producteurs invités. L’occasion pour le chef de défendre une vision accessible et profondément humaine de la gastronomie. « À travers ce que nous appelons nos ‘’pains vivants’’, nous essayons de montrer qu’à partir d’un produit aussi simple et fondamental - et finalement peu coûteux - il est possible de proposer une nourriture d’une très grande qualité, porteuse de sens, de goût et de respect du vivant. Le pain est probablement l’un des aliments les plus universels qui soient, et pourtant l’un des plus riches lorsqu’il est pensé dans sa globalité : du champ à la farine, de la fermentation au geste du boulanger. Notre démarche circulaire a pris forme et s’est structurée grâce à Mirazur, mais elle ne s’arrête pas aux grandes tables. Elle s’exprime aussi dans ces formats plus ouverts, plus populaires au sens noble du terme, où l’on peut toucher un public large et rappeler que bien manger doit être un droit, pas un privilège », explique Mauro Colagreco.

À Saint-Tropez, entre chefs étoilés et visiteurs venus des quatre coins du monde, Menton n’a pas seulement exposé ses produits : la ville a rappelé que son terroir reste l’un des plus singuliers et recherchés de la Méditerranée.