La navette à voile 'Samantha' prend la mer pour un transport écologique
Les cordes d'amarrage sont dénouées, les bouées sont levées, et un pouce en l'air signale le départ. Ce jeudi 26 février, la navette à voile 'Samantha' entame sa première sortie sur l'océan depuis le port autonome de La Rochelle. Après quelques minutes de manœuvres motorisées, le vrombissement s'estompe, laissant place au calme apaisant de la voile. Deux grandes voiles se déploient, propulsant lentement l'embarcation de 61 pieds (environ 19 mètres) vers l'horizon où l'île de Ré apparaît.
Une collaboration fructueuse pour un transport durable
Cette navette est le fruit d'une deuxième collaboration entre trois partenaires : Sailcoop, les Chantiers de l'Arsenal et le cabinet d'architecture naval VPLP Design. Après le succès de la navette 'Isabelle', qui a transporté 18 000 passagers en 2025, Sailcoop a commandé 'Samantha', nommée en l'honneur de la navigatrice britannique Samantha Davies. Construite à La Rochelle en une dizaine de mois avec l'effort de 80 personnes, elle vise à transporter 80 passagers sur des traversées de courtes distances.
Laurent Da Rold, président du Chantier de l'Arsenal, explique : 'Samantha naviguera sur la ligne Concarneau - Les Glénan, tandis qu'Isabelle assurera la ligne Quiberon - Belle-Île-en-Mer.' Coralie Cibrario, skippeuse, et Jochen Krauth, directeur de Sailcoop, supervisent les opérations des voiles.
Une innovation écologique majeure
La particularité de 'Samantha' réside dans son mode de propulsion : elle navigue principalement grâce à la force du vent, sans recours à un moteur thermique, à l'exception des manœuvres portuaires. Jean-Philippe Houot, vice-président du Chantier de l'Arsenal, souligne : 'Le vent offre une énergie gratuite et peu coûteuse. Même par vent léger, la navette avance grâce à une voilure optimisée.' Cette approche permet une décarbonation de 80 à 90% par rapport aux navettes thermiques équivalentes.
Des améliorations ont été apportées suite aux retours des clients de 'Isabelle', comme un toit rouge allongé et une protection plus englobante, détaillées par Jean-Philippe Houot lors d'une inspection du pont.
Un baptême en mer en équipe
Pour cette première sortie, 'Samantha' n'était pas seule. Sur le pont, les équipes du bureau d'études, les fournisseurs, les exploitants locaux, et les employés de Sailcoop et du Chantier de l'Arsenal ont partagé ce moment. Laurent Da Rold sourit : 'Je suis content d'emmener les équipes qui ont travaillé sur le projet faire une balade en mer, avec le soleil en supplément.' Théo Gautrais, qui a dessiné les plans, ajoute : 'C'est sympa de partager ce moment tous ensemble, cela nous permet de découvrir le bateau que nous avons construit. J'aime beaucoup sa dimension écologique.'
Un projet collaboratif ancré dans l'écologie
À l'origine de ces navettes, Sailcoop, une coopérative de transport de passagers à la voile, a initié le projet. Jochen Krauth revient sur les débuts : 'Nous avions d'abord pensé à racheter des vieux bateaux, mais sans succès. Nous avons donc contacté le Chantier de l'Arsenal pour sa capacité à construire rapidement des bateaux en composite sur mesure.' VPLP Design a été sollicité pour créer un bateau léger et performant, exigeant rigueur et minimalisme sur le poids et l'équipement.
Laurent Da Rold confirme la cohésion du trio : 'Nous sommes contents de participer à la construction de Samantha. J'ai depuis longtemps une sensibilité forte à l'écologie, et toutes les actions de Sailcoop vont dans ce sens. Ils sont passionnés.'
Alors que le soleil décline, 'Samantha' retourne au port, nécessitant le moteur pour les dernières manœuvres. Un skipper plaisante : 'Johan va criser, il n'aime pas le moteur.' Coralie Cibrario, skippeuse, s'active déjà : 'J'ai hâte d'exploiter Samantha et ses nouvelles voiles.' Amarrée à La Rochelle, 'Samantha' attend désormais de rejoindre la Bretagne, voile au vent, pour promouvoir un transport maritime plus vert.



